San Francisco a voté pour interdire entièrement la vente de toutes les cigarettes électroniques, surtout la JUUL, très populaire outre Atlantique chez les jeunes, et sujette de nombreuses controverses.

La ville de San Francisco vient de voter, le 25 juin 2019, pour devenir la première des États-Unis à interdire la vente de toutes les cigarettes électroniques qui n’ont pas été validées par la FDA (Food and Drug Administration). Or, le gendarme américain de la consommation n’a autorisé à ce jour… aucune cigarette électronique sur le marché, comme l’a remarqué The Verge. Cette interdiction pourrait avoir lieu rapidement, d’ici 2020, et concernera les ventes en magasins et par livraison.

Dans la ligne de mire de la ville californienne, il y a JUUL, l’e-cigarette la plus populaire aux États-Unis — et aussi la plus critiquée pour la manière dont elle a réussi à séduire un (très) jeune public de non fumeurs. L’entreprise américaine, qui est basée à San Francisco, a vivement réagi dans la foulée dans un communiqué : « L’interdiction des produits de vaping pour adultes à San Francisco ne touchera pas concrètement le problème du vapotage des jeunes, et, à l’inverse, laissera les cigarettes en vente libre comme seule alternative pour les adultes, même si elles tuent 40 000 Californiens par an. »

>> À lire : Pour tout comprendre sur les polémiques qui poursuivent JUUL depuis ses débuts 

La vidéaste Gabriella Marie teste une JUUL // Source : YouTube/Gabriella Marie

Quand les fabricants de cigarettes investissent dans JUUL

Les fabricants de cigarettes électroniques ont jusqu’en 2022 pour déposer un dossier devant la FDA pour obtenir l’approbation de leurs produits. Cela signifie qu’il est possible que ces produits soient bannis pendant un temps à San Francisco avant de revenir sur le marché s’ils sont validés par l’autorité de surveillance de la consommation américaine. Le mois dernier, c’est Beverley Hills qui avait voté pour bannir tous les produits à base de tabac ou nicotine (même les cigarettes), mais cela ne prendrait effet qu’en 2021.

JUUL est devenu un géant extrêmement rapidement : il occupait déjà 75 % du marché des e-cigarette aux États-Unis en septembre 2018. Le 20 décembre, Altria (ex Philip Morris, le plus gros fabricant de cigarettes au monde) a pris 35 % dans l’entreprise fondée par deux trentenaires en juillet 2017, ce qui a soulevé de nombreuses interrogations quant au signal envoyé par JUUL, qui met justement en avant sa lutte contre le tabagisme comme argument politique et économique.

Le Conseil municipal de San Francisco, qui a voté à l’unanimité pour ce projet de loi, doit encore faire approuver cette législation par la mairesse London Breed.

JUUL s’est lancé en France en décembre 2018, où la proportion de fumeurs est très élevée. À l’époque, l’entreprise expliquait à Numerama comment elle souhaitait investir ce marché, en évitant clairement les erreurs du passé — réserver officiellement la vente aux plus de 21 ans, viser uniquement un public de fumeurs, etc. Six mois plus tard, la part des JUUL n’a pas explosé sur le marché des e-cigarettes, mais les consommateurs se multiplient à mesure que le nombre de points de vente (magasins spécialisés comme bureaux de tabac) augmente.

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