Le ministère de la Défense en Belgique va attaquer en justice Google parce que ses demandes de floutage de sites sensibles sur Maps sont restées lettre morte.

Jusqu’à quel degré de précision les services de cartographie en ligne comme Google Maps doivent-ils montrer les sites sensibles, qu’il s’agisse de bases militaires ou de centrales nucléaires ? Cette question sera au cœur du conflit judiciaire qui s’annonce entre le ministère belge de la Défense et Google.

En effet, le premier va engager des poursuites contre le second parce que l’entreprise américaine n’a pas tenu compte des demandes des autorités belges, faites au nom de la sécurité nationale, de flouter certaines images prises depuis les satellites d’observation en orbite autour de la Terre.

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Problème ancien

Ce problème n’est pas récent : en France, indiquait Libération en 2009, la communauté du renseignement et les forces armées ont demandé aux services de cartographie de flouter l’affichage de certaines installations sensibles, comme la très sensible et très stratégique base de l’Île Longue, dans le Finistère.

Or, cette requête n’est pas toujours suivie d’effet : alors que cette base accueille les sous-marins nucléaires lanceurs d’engin de la marine nationale, ainsi que les missiles balistiques intercontinentaux (sans leur charge nucléaire), il est possible zoomer jusqu’à une précision de 20 mètres avec Google Maps.

À l’inverse, le service gouvernemental GéoPortail, qui est opéré par l’Institut national de l’information géographique et forestière, et le Bureau de recherches géologiques et minières, présente la même zone avec un effet de flou à partir d’une certaine échelle, afin de restreindre la compréhension des lieux.

Google Maps – Ile Longue – Capture d’écran

Règles additionnelles

Outre les restrictions pouvant s’appliquer aux services de cartographie en ligne, des mesures additionnelles sont susceptibles d’intervenir : toujours dans le cas de l’Île Longue, un arrêté préfectoral interdit de photographier la zone (interdiction toute relative, au regard des photos que l’on peut trouver).

Il faut ajouter à ces consignes celle concernant les drones. L’Île Longue fait partie des zones où la photographie par drone est interdite (tout comme le survol, d’ailleurs). C’est aussi le cas des centrales nucléaires, des bases militaires et d’un certain nombre d’installations sensibles (ce qui n’empêche pas les survols).

Reuters note que Google a déjà eu l’occasion d’accepter ce type de requêtes venant d’autres pays. L’agence de presse ne précise pas lesquels mais Libération notait en 2009 que du floutage ou une résolution inférieure était en vigueur dans certaines zones aux États-Unis et en Israël.

Outre la France, des craintes ont également été entendues en Australie, en Corée du Sud, en Inde ou encore en Thaïlande.

GéoPortail – Ile Longue // Source : Capture d’écran

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