Chargé de représenter la France dans les institutions internationales pour les sujets ayant trait au numérique, David Martinon quitte son poste d'ambassadeur pour le numérique : il a été nommé pour être la voix de Paris en Afghanistan.

Il va prochainement y avoir du changement à la tête de l’ambassade française pour le numérique : David Martinon, qui occupait ce poste depuis le 22 novembre 2017, a été nommé ambassadeur en Afghanistan, en remplacement de François Richier, qui était en poste depuis mai 2016. Le choix de la personne qui succédera à David Martinon dans ses fonctions actuelles n’est pas encore connu.

En tant qu’ambassadeur du numérique, David Martinon a eu pour tâche de participer aux négociations internationales sur la cybersécurité, la gouvernance du net et des réseaux, la liberté d’expression et les problématiques de propriété intellectuelle. Il lui a aussi été demandé de « conduire un dialogue direct » avec les géants du net aux États-Unis sur l’enjeu de « l’utilisation d’Internet à des fins terroristes ».

David Martinon OCDE
David Martinon lors d’un échange sur la cybersécurité. // Source : OECD/Mariano Bordon

Enfin, précise le Quai d’Orsay, il a soutenu les groupes français du numérique se projetant à l’étranger et été en liaison avec la mission Etalab qui est responsable de la politique d’ouverture et de partage des données publiques du gouvernement. De par ses fonctions, il était en contact avec les ministères de l’Intérieur et des Affaires étrangères, mais aussi avec le secrétariat d’État au numérique.

David Martinon a en réalité occupé ces fonctions pendant des années : avant d’être choisi comme ambassadeur du numérique, il était représentant spécial pour les négociations internationales concernant la société de l’information et l’économie numérique, et cela depuis 2013. Un travail difficile : il confiait ce printemps au Journal du Dimanche la « difficulté de légiférer au niveau international ».

Constant de la difficulté de légiférer au niveau international

C’est le cas en particulier pour tout ce qui a trait à la cyberdéfense.

Dans un entretien au Point en avril, qui balayait plusieurs thématiques, l’intéressé a présenté un sombre tableau du milieu, évoquant un « monde en état de cyberguerre froide permanente », où des « affrontements cyber pourraient déboucher sur un vrai conflit d’ampleur internationale entre grandes puissances ». Il citait aussi le risque du hack back, où l’entreprise attaquée se ferait justice elle-même.

En France, David Martinon est surtout connu pour avoir été le porte-parole de la présidence de Nicolas Sarkozy pendant sa première année de quinquennat, après avoir été l’un de ses conseillers diplomatiques. Mais sa carrière s’est surtout forcée à travers le Quai d’Orsay. Après cette expérience élyséenne,il a été consul général de France à Los Angeles jusqu’en 2012.

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