Google veut plus d'optimisme dans les actualités. Aussi l'entreprise lance-t-elle aux USA, de façon expérimentale, une fonctionnalité permettant d'entendre de bonnes nouvelles, plutôt que d'entendre le dernier drame ou scandale du moment.

Vous en avez assez du torrent de mauvaises nouvelles que charrie quotidiennement la presse ? Vous aimeriez accorder une place plus importante à l’actualité heureuse, celle dans laquelle on découvre les progrès dans la mise au point d’un vaccin contre un terrible virus, une initiative pour venir en aide aux personnes défavorisées ou bien de quelle façon le sport peut rapprocher les individus ?

Avec Google, la possibilité de mettre en avant des informations politiques dans les médias sera bientôt possible. La firme de Mountain View a présenté le 21 août une fonctionnalité expérimentale baptisée « Tell Me Something Good » (Dis-moi quelque chose de bon). Pour l’heure réservée au marché américain, elle consiste à demander directement à Google Assistant quelques news positives.

Presse journal
CC Kaboom

Journalisme de solutions

L’idée est de produire un court résumé, en deux ou trois phrases, sur des personnes qui œuvrent à résoudre des problèmes, à l’échelon local ou au niveau global. Google explique que ces articles sont conçus par l’initiative Solutions Journalism Network, qui consiste à former, rapprocher et employer des journalistes pour mettre en avant des individus qui travaillent pour le bien commun.

En guise d’exemple, le réseau du journalisme de solutions évoque de quelle façon un petit journal local s’est emparé de la problématique de la mortalité infantile et conduit la ville à imaginer des solutions avec une fête communautaire pour bébés. Un autre cas de figure est celui d’une union de quinze journalistes pour traiter de la réinsertion de prisonniers dans la ville de Philadelphie.

Ce réseau revendique avoir entraîné plus de 10 000 journalistes à cette méthode et déclare que 17 écoles de journalisme utilisent ses programmes d’études. En outre, pas moins de 141 coopérations ont été tissées avec des sociétés de presse (comme PBS, San Francisco Chronicle, New Yorker, New York Times, Huffington Post, LA Times, Mother Jones, The Atlantic, NPR et nombre d’indépendants).

Percer la bulle des mauvaises nouvelles

« Le journalisme de solutions donne du pouvoir et de l’énergie au public, en aidant à combattre la fatigue des nouvelles négatives. C’est une partie importante d’un régime équilibré de nouvelles », commente Google, en mettant en avant « comment les problèmes peuvent être résolus et qu’il est possible de faire mieux », dans un esprit non-partisan.

L’initiative ne prétend naturellement pas résoudre tous les maux du monde : la mise en avant de bonnes nouvelles ne va pas solutionner les mauvaises. Mais elle peut permettre de porter un autre regard sur l’actualité, la façon dont elle est produite et comment elle est organisée et priorisée. De quoi percer la bulle filtrante de la morosité de l’information, où les drames le disputent aux scandales.

D’après Google, cette approche a une vertu : elle contribue à réduire le fossé séparant les individus de l’espoir. Derrière ce phénomène identifié par des universitaires de Yale se trouve l’idée selon laquelle on fait face plus souvent aux problèmes qu’aux solutions, ce qui contribue à nourrir de la peur et de l’anxiété, alors qu’il existe pourtant des infos qui font du bien au moral ou qui peuvent être inspirantes.

Le déploiement de cette fonctionnalité expérimentale hors des États-Unis n’est pas encore d’actualité.

Partager sur les réseaux sociaux