Alors qu'il y a plusieurs dizaines de milliers d'arrêts cardiaques chaque année en France, un élu interroge le gouvernement sur l'intérêt de développer des drones défibrillateurs pour intervenir plus rapidement auprès des victimes.

Si tu ne vas pas au défibrillateur, le défibrillateur ira à toi. Alors que l’on peut d’ores et déjà trouver des applications comme Staying Alive qui permettent de savoir où sont les défibrillateurs automatisés externes (DAE) à proximité de sa position, l’essor des drones a donné lieu à une réflexion sur leur employabilité à des fins de secours.

Le concept n’est pas récent. En 2014, un étudiant s’était déjà fait remarquer avec un prototype de drone ambulancier équipé d’un défibrillateur placé dans sa soute. Le postulat de base était de considérer qu’un aéronef arriverait plus vite sur zone qu’une ambulance ou un passant ayant trouvé un DAE.

CC Frédéric Bisson

Postulat qu’une équipe de chercheurs suédois a vérifié, en constatant que les drones circulent bien plus vite en ville qu’une ambulance, celle-ci devant tenir compte de la circulation. Or, réduire le délai d’intervention n est un facteur clé pour augmenter les chances de survie après un arrêt cardiaque.

L’existence de ces drones n’a pas échappé au sénateur Henri Cabanel, qui en a justement fait le sujet de sa question écrite à Agnès Buzyn, la ministre des solidarités et de la santé. Il souhaite connaître l’avis du gouvernement sur le concept des drones défibrillateurs, et si des mesures ont déjà été prises.

« Le drone défibrillateur paraît une solution séduisante en ce qu’il permettrait de surmonter les obstacles évoqués par sa rapidité de déplacement, son rayon d’action et sa disponibilité permanente », écrit le parlementaire, qui pointe différents cas de figure où le drone pourrait intervenir.

Chaque DAE déployé sur le territoire est « encore loin d’être accessible, notamment lorsque le lieu où il se trouve est fermé ou lorsque la victime se trouve en milieu rural où la plus faible densité de population s’accompagne d’une plus faible densité d’équipements », relève ainsi le parlementaire.

Selon les chiffres de la société AED MAP, 5,7 % des victimes d’un arrêt cardiaque sont sauvées alors qu’il y a chaque année en France 40 000 personnes décédant d’un arrêt cardiaque. Ce pourcentage est quatre à cinq fois plus élevé dans les pays où les lieux publics sont équipés en défibrillateurs automatisés externes et la population formée aux gestes qui sauvent.

À peine 5,7 % des victimes d’un arrêt cardiaque sont sauvées

Toujours selon AED MAP, la formation à l’utilisation du défibrillateur et au massage cardiaque permettrait d’améliorer la survie des victimes car 7 fois sur 10, ces accidents surviennent devant un témoin, mais moins de 20 % des ces témoins sont formés aux gestes de secours.

Le sénateur va dans ce sens : « On estime que le nombre de 3 000 personnes sauvées par an sur 50 000 arrêts cardiaques pourrait être porté à 20 000 si l’accès au défibrillateur était amélioré significativement ». Le gouvernement, qui n’a pas encore répondu à l’élu, est donc invité à lui présenter ses perspectives «  d’évolution législative et réglementaire et de partenariat avec les développeurs ».

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