Mark Zuckerberg va finalement se rendre en Europe pour s'expliquer devant les élus du Vieux Continent, a annoncé le président du Parlement européen, Antonio Tajani, mercredi 16 mai.

Changement de stratégie chez Facebook. Après avoir longtemps rechigné à accepter la demande de l’Union européenne d’envoyer son patron s’expliquer lui-même devant les parlementaires du Vieux Continent, le réseau social américain a assoupli très nettement sa position. En effet, Mark Zuckerberg a finalement accepté de répondre aux questions des élus européens.

C’est Antonio Tajani, le président du Parlement européen, qui a annoncé la nouvelle sur son profil Twitter. « Nos citoyens méritent une explication complète et détaillée. Je salue la décision de Mark Zuckerberg de comparaître en personne devant les représentants de 500 millions d’Européens. C’est un pas dans la bonne direction pour rétablir la confiance », a écrit l’Italien.

Antonio Tajani espère la venue de Mark Zuckerberg le plus rapidement possible, sans doute dès la semaine prochaine. Le contexte sera particulier puisque c’est vendredi 25 mai que le Règlement général sur la protection des données (RGPD) entrera en application sur le territoire de l’Union européenne. Or, ce texte a aussi été conçu pour encadrer la façon de faire des géants du net en matière d’informations privées.

Parmi les rencontres qui auront lieu de ce côté-ci de l’Atlantique figurent des réunions avec les dirigeants des groupes politiques du Parlement et des échanges avec le président et le rapporteur de la commission libertés civiles, justice et affaires intérieures (LIBE). Selon le journaliste Nicholas Vinocur, de Politico, ces réunions se feraient à huis clos, sans que la presse ou le public ne puisse suivre aux échanges.

Ce point n’est pas évoqué par Antonio Tajani. Son communiqué évoque juste le fait que « la conférence des présidents a décidé d’organiser une audition avec Facebook et d’autres parties concernées. Elle sera l’occasion de procéder à une analyse approfondie des aspects liés à la protection des données à caractère personnel. Un accent particulier sera mis sur l’impact potentiel sur les processus électoraux en Europe ».

Parlement européen europe
CC Diliff

Les invitations européennes à l’endroit de Mark Zuckerberg ont été déclenchées à la suite du scandale Cambridge Analytica, même si le Vieux Continent a été assez peu touché. En effet, si cette affaire a affecté 87 millions de personnes dans le monde, 80 % des victimes sont en fait des Américains. En France, le nombre de personnes dont les données privées ont été capturées est estimé à environ 210 000.

Jusqu’à présent, Mark Zuckerberg a accepté de se rendre devant deux chambres : celle des Représentants et du Sénat, aux USA. Deux séquences politiques délicates, qui ont duré chacune plusieurs heures. Pour l’Europe, Facebook préférait envoyer des cadres du site, jusqu’à ce changement de braquet. Par contre, il n’est toujours pas question pour Mark Zuckerberg d’aller s’expliquer devant les Britanniques.

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