La plateforme de vidéos a publié de nouvelles règles et sanctions, dans la foulée d'une énième polémique autour du vidéaste Logan Paul.

L’année 2018 n’a pas très bien commencé pour YouTube. Après la polémique entourant le populaire vidéaste américain Logan Paul, et sa vidéo montrant les cadavres de Japonais s’étant suicidés, la plateforme d’hébergement de vidéos a mis quelques temps à réagir. Puis, devant la fronde des annonceurs, critiquant la mauvaise modération des contenus et réclamant des contenus adaptés et positifs pour leur image, YouTube a dû à nouveau revoir ses critères de monétisation. Tout cela sans compter les problèmes posés par les défis à base de lessive.

CC Flickr Austin Kirk

Les annonceurs semblaient avoir obtenu gain de cause avec la mise en place du programme Preferred, et Logan Paul avait fait son mea culpa et paraissait calmé. Mais le répit aura été de courte durée. YouTube a pris de nouvelles sanctions envers le Youtubeur aux 16 millions d’abonnés, après que Logan Paul a publié une vidéo dans laquelle il tasait des rats morts, et a appelé sa communauté à participer au Tide pod challenge, le « jeu » consistant à ingérer des capsules de lessive.

Possibilité de priver une chaîne de ses revenus

Toutes les publicités alimentant la chaîne du vidéaste ont été temporairement désactivées. Plusieurs fois puni, c’est pourtant la première fois qu’il était intégralement privé de ses revenus YouTube — estimés à plus d’un million de dollars par mois. Dans la foulée, la filiale de Google a publié, le 9 février 2018, des précisions sur ses règles de conduite, et sur les nouvelles sanctions en cas de non-respect, sur lesquelles elle travaillait apparemment depuis le début de l’année.

YouTube se réserve ainsi, selon la gravité ou la répétition de l’acte, ou en cas d’une « volonté de nuire », la possibilité de retirer à une chaîne ses publicités et ses revenus et son accès à des programmes de monétisation comme Google Preferred ou le YouTube Partner Program. La plateforme peut aussi arrêter de recommander les vidéos d’une chaîne mise en cause, et « suspendre, annuler ou retirer » les contenus YouTube Originals.

Ces sanctions peuvent être appliquées « temporairement ou pour une durée indéfinie », selon la gravité des actions. « Notre équipe d’experts du règlement analyseront et donneront leur avis sur chaque cas, et notifieront tout créateur dont le comportement provoque une perte de privilèges. »

Consignes et avertissements

Ces mesures viennent s’ajouter aux outils déjà existant : les règles de communauté, les consignes relatives aux contenus adaptés aux annonceurs, et un système d’« avertissement ». En cas de non-respect du règlement dans une vidéo, un vidéaste peut recevoir un avertissement de la part de la modération, sous forme d’e-mail et d’alerte sur le site. Si il ou elle reçoit un deuxième avertissement moins de 3 mois après, ses publications sont suspendues pendant deux semaines. Au bout du troisième avertissement, le compte est clôturé.

« Mais dans de rares cas, écrit Ariel Badin, responsable produit chez YouTube dans un article de blog, nous avons besoin de plus d’outils à notre disposition, qui peuvent être utilisés plus rapidement et plus efficacement. »

« Nous avons récemment fait face à des situations, dans lesquelles les actions nuisibles de quelques Youtubeurs ont causé du tort à la communauté de créateurs. »

Il explique ainsi la mise en place de ces nouvelles règles : « Nous avons récemment fait face à des situations, dans lesquelles les actions nuisibles de quelques Youtubeurs ont causé du tort à la communauté de créateurs devant les annonceurs, l’industrie médiatique et surtout le public. Au vu de ces comportements […] nous introduisons de nouvelles conséquences, qui seront appliquées dans les rares cas où les actions d’un créateur nuisent à la communauté tout entière. »

YouTube était jusque là plutôt adepte d’une politique peu interventionniste, et a souvent été pointé du doigt pour sa modération jugée laxiste, par ses annonceurs, par les utilisateurs, les institutions ou même ses propres modérateurs bénévoles, qui dénonçaient en novembre 2017 un manque de moyens. Toutefois, les vidéastes gênants pour son image, comme Logan Paul ou PewDiePie, semblent avoir finalement poussé la filiale de Google vers une approche plus stricte de la modération.

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