Le patron d’Anthropic, Dario Amodei, joue sa dernière carte pour sauver son contrat avec le Pentagone, faute de quoi l’entreprise risque d’être définitivement écartée des circuits militaires. Si son intelligence artificielle Claude est utilisée dans le cadre de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran entamée le 28 février 2026, ce nouveau round de négociation fait suite à un premier échec dans les négociations avec le ministère américain de la Défense, le 27 février.
Six mois pour se détacher de Claude ?
Le Department of War (DoW) avait posé un ultimatum à l’entreprise 3 jours plus tôt, lui intimant de lever les garde-fous de Claude, sous peine de se voir mise sur liste noire. Étaient en particulier visées les restrictions sur l’utilisation de l’IA pour la surveillance et les armes autonomes. Concrétisant sa menace, le Pentagone a annoncé fin février désigner Anthropic comme « risque pour la chaîne d’approvisionnement ». Cette désignation a eu pour conséquence la rupture d’un contrat signé avec le ministère en juillet 2025.


Quelques heures avant le début des bombardements en Iran, le président Donald Trump a de son côté annoncé interdire aux agences gouvernementales d’utiliser les outils d’Anthropic, leur donnant six mois pour se passer de Claude. L’armée conservera la technologie six mois, le temps d’installer une solution de remplacement — potentiellement ChatGPT d’OpenAI, grâce à un contrat avec le DoW officialisé le 27 février.
Une dépendance difficile à rompre
En attendant, le modèle d’Anthropic demeure le seul à avoir accès aux systèmes classifiés de l’armée étasunienne. L’US Army s’est d’ailleurs largement appuyée sur Claude pour pilonner pas loin de 1 000 cibles en Iran au premier jour de son attaque contre le régime des mollahs.
Dans le détail, elle s’est appuyée sur Maven Smart de Palantir, un système nourri d’une large quantité de données classifiées pour générer du ciblage et de la priorisation. Cette efficacité est la conséquence de l’intégration de Claude au dit système. Combinées, ces deux solutions accélèrent la campagne militaire, compriment la fenêtre de riposte iranienne et remplacent des semaines de planification par des opérations en temps réel, rapporte le Washington Post le 4 mars.
C’est dans ce contexte de dépendance militaire à la technologie d’Anthropic que Dario Amodei s’est entretenu avec Emil Michael, le sous-secrétaire à la Défense pour la recherche et l’ingénierie le 4 mars. La signature d’un nouveau contrat prolongerait l’usage de Claude par l’armée américaine et permettrait de lever l’étiquette de « risque pour la chaîne d’approvisionnement » attribuée à Anthropic.
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