L’Europe force les géants de la tech à se remuer davantage contre la désinformation, en avançant un code de bonnes pratiques « renforcé ».

Faire plus et mieux contre les fake news. Voilà en somme le mot d’ordre de l’Union européenne aux grandes entreprises qui sont signataires du code de bonnes pratiques contre la désinformation. Le 16 juin, la Commission européenne a présenté une nouvelle version de ce cadre, qui s’applique à des entreprises comme Facebook, Google, Twitter et TikTok.

La toute première version de ce code de bonnes pratiques contre les fake news remonte à 2018, alors que l’Union européenne avait commencé depuis quelques années à élaborer un plan contre les fausses actualités. Une première vague de grandes plateformes avait accepté de signer ce code, et d’autres ont suivi le mouvement les années suivantes.

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Le code concerne plusieurs grandes entreprises américaines de la Silicon Valley, qui sont celles qui occupent le devant de la scène dans la tech. // Source : HBO

Une version durcie du code pour aller plus loin contre les fake news

Mais après quatre ans, force est de constater que cette mouture initiale ne suffisait pas et que les efforts des entreprises technologiques en la matière doivent être encouragés et soutenus, sinon relancés. C’est le sens de ce code « renforcé », qui énonce « des engagements précis et détaillés » supplémentaires aux 34 signataires actuels.

« Le code renforcé vise à remédier aux lacunes du code précédent, en prévoyant des engagements et des mesures à la fois plus forts et plus détaillés, qui s’appuient sur les enseignements opérationnels de ces dernières années », explique Bruxelles, qui a par ailleurs publié une foire aux questions pour compléter sa communication.

Les nouveaux engagements sont les suivants :

  • Aller au-delà des 34 signataires, y compris en direction des plateformes de plus petite taille, mais qui peuvent avoir un rôle à jouer dans cette lutte ;
  • Taper au portefeuille, en asséchant toute source de recette publicitaire pour celles et ceux générant des fake news ;
  • Inclure les nouvelles manipulations, qu’il s’agisse de faux comptes, de bots, de trucages vidéo ultra-réalistes (comme les deepfakes) ;
  • Fournir au public des outils plus efficaces pour identifier, signaler et décortiquer les fausses informations ;
  • Développer le fact-checking (vérification des faits) dans toute l’Union européenne et dans toutes les langues, et rémunérer celles et ceux qui font ce travail ;
  • Faire la transparence dans la publicité politique et la garantir afin que les internautes comprennent le sens de ce qu’ils voient, qui finance quoi, à hauteur de combien et dans quel but ;
  • Ouvrir davantage les données des plateformes pour que les chercheurs puissent produire des analyses et remonter leurs trouvailles ;
  • Évaluer l’efficacité du code de bonnes pratiques, avec des outils pour suivre les annonces des plateformes et les évaluer ;
  • Installer une task force et un centre de la transparence pour suivre la mise en œuvre du code, s’assurer de sa pertinence et préparer son évolution.

Le code de bonnes pratiques pour lutter contre les fake news s’inscrit dans un cadre de régulation plus large du numérique et de la tech. Le Règlement général sur la protection des données (RGPD) vise également à policer les pratiques en matière de données personnelles. D’autres mesures sont par ailleurs en chemin, comme le DMA et le DSA.