La messagerie sécurisée ProtonMail va désormais être préinstallée sur les intrigants smartphones décentralisés de HTC, les Exodus.

Le mariage paraît évident : ProtonMail, le service d’email chiffré de bout en bout, est à partir d’aujourd’hui préinstallé sur les smartphones HTC Exodus 1 et 1s, concepts bizarres et difficilement compréhensibles nourris à la blockchain. L’ambitieux (et très complexe) smartphone sorti en 2018 coûte 759 euros dans sa version de basique et 219 euros dans sa version 1s.

Le constructeur taïwanais, très mal en point sur le marché des smartphones, veut se positionner en pionnier de l’internet décentralisé : toutes ses applications sont donc décentralisées, avec comme objectif de redonner à l’utilisateur le contrôle sur ses données, grâce notamment à la blockchain. Nous vous expliquions en 2018 le fonctionnement de ce nouveau genre de smartphone, même si nous doutions de son efficacité sans une immense base d’utilisateurs.

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Le HTC Exodus 1 est sorti en octobre 2018, et sa version allégée, le 1s, en mai 2019. // Source : HTC

Du chiffrement de bout en bout sur un smartphone blockchain

ProntonMail se place en leader de la messagerie email sécurisée, concurrencé par des services comme Tutanota. Il est très utilisé dans le monde de la cybersécurité, du journalisme, et plus généralement par les personnes qui ont besoin d’une protection supplémentaire sur la confidentialité de leurs échanges électroniques. Grossièrement, si un malfaiteur interceptait un message envoyé par ProntonMail avant sa réception — par exemple en s’infiltrant sur les serveurs de l’entreprise –, il ne pourrait pas les lire. Les emails sont chiffrés et seuls l’émetteur et le destinataire ont les clés de déchiffrement, chacune unique. Ce n’est pas tout, ProtonMail met aussi une partie de leur code en open source (visible par tous), pour offrir une garantie supplémentaire aux utilisateurs les plus méfiants.

Dans leurs communiqués, les deux partenaires insistent sur l’habilité à protéger les libertés citoyennes de leurs technologies. En sécurisant les communications, elles protègent, au moins un peu, les activistes, lanceurs d’alertes et journalistes, dans une région d’Asie sur laquelle pèse la puissance des services de renseignements chinois.