Certaines campagnes de piratage se distinguent par leur sophistication technique, d’autres par leur toupet. Celle-ci coche les deux cases.
Le 22 juillet, les chercheurs de la société de cybersécurité Huntress ont publié une analyse détaillant comment des attaquants sont parvenus à héberger une page de phishing directement sur le domaine officiel claude.ai.
Selon l’entreprise, la page de phishing a attiré plus de 7 100 visiteurs en à peine deux jours et au moins 29 organisations sont tombées dans le piège avant sa suppression.
Un des atouts majeurs de cette campagne : avoir été hébergée par Claude lui-même, et promue en tête des résultats sponsorisés sur des moteurs de recherche comme Bing.



Comment le piège fonctionne
Concrètement, la porte d’entrée du piège est donc un résultat sponsorisé sur Bing. Lorsqu’un utilisateur tape « Claude Desktop app » dans la barre de recherche, un des liens mis en avant pointe vers le vrai domaine claude.ai.
Sauf que ce lien ne mène pas vers le site officiel de téléchargement, mais vers un artefact public : ces pages que n’importe quel utilisateur peut créer et partager depuis Claude pour montrer une démo ou un mini-site. Dans ce cas précis, l’artefact reproduit une page de téléchargement de l’application de bureau Claude. Le bouton « Télécharger » redirige vers un domaine externe qui délivre un fichier baptisé ClaudeDesktop.exe.
Ce fichier n’a en réalité rien à voir avec Claude. Il s’agit d’un composant légitime, simplement renommé, dont l’objectif est de charger une DLL. Une DLL, c’est une bibliothèque de code que les programmes Windows chargent automatiquement au démarrage pour fonctionner.
C’est justement ce mécanisme que les attaquants détournent avec une technique appelée DLL sideloading. Ils remplacent cette bibliothèque par une version piégée, placée au même endroit. Le programme légitime la charge sans se poser de questions, et exécute ainsi le malware à sa place, qui n’est autre qu’une variante du cheval de Troie SectopRAT.
Une fois en place, il collecte mots de passe, données bancaires et fichiers personnels stockés sur la machine infectée.
Un scénario déjà vu ailleurs
Ce n’est pas la première fois qu’un assistant IA se retrouve, malgré lui, complice de sa propre usurpation.
En décembre 2025, nous racontions comment de faux guides d’installation du navigateur Atlas d’OpenAI, publiés via la fonction de partage de conversations de ChatGPT, avaient servi à diffuser le malware AMOS.
Pour l’heure, Huntress indique ne pas disposer de suffisamment de preuves pour attribuer la campagne visant Claude à un groupe cybercriminel connu.
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