L’Iran entre dans sa troisième semaine de protestation et son sixième jour de black-out massif. Coutumier de ce type de censure, le régime prive une nouvelle fois des millions d’Iraniens d’accès à l’information et les coupe du reste du monde.
Face à ces restrictions, la population a pris l’habitude de recourir à des alternatives, notamment Starlink. Souvent présenté comme incensurable en raison de sa technologie, le réseau d’accès à Internet d’Elon Musk fait en effet transiter la connexion par l’espace, via une constellation de milliers de satellites.
Mais cette solution de contournement semble elle aussi en grande partie affectée par les nouveaux dispositifs de brouillage déployés par le régime.
Pour comprendre l’origine de ces technologies, de nombreux observateurs tournent désormais leurs regards vers Moscou, où des systèmes militaires dépassant le simple brouillage GPS auraient été mis à contribution.

Une baisse de trafic trop importante ?
Ce qui éveille la crainte d’un brouillage allant au-delà du GPS, c’est la perte de paquets atteignant jusqu’à 80 % sur certaines connexions Starlink en Iran, alors même que les versions récentes de la solution d’Elon Musk se sont révélées plus robustes face à ce type d’interférence.
Des experts, comme Amir Rashidi de l’ONG Miaan, soupçonnent ainsi l’usage de technologies de guerre électronique capables d’altérer directement les communications entre les terminaux au sol et les satellites de SpaceX.
Et dans ce domaine, un pays fait figure de précurseur : la Russie, déjà engagée dans le développement de systèmes avancés testés sur le front ukrainien.
Le plus redouté, surnommé Kalinka, serait un dispositif mobile capable de repérer, cibler et brouiller les signaux de Starlink dans un rayon d’une quinzaine de kilomètres, sans nécessiter d’infrastructures lourdes. Cette mobilité en ferait un outil redoutable de contrôle des zones urbaines : il suffirait de positionner le système dans un quartier contestataire pour y « éteindre Internet » localement.
Les États-Unis voient toujours Starlink comme une solution viable
Dans ce contexte, les observateurs estiment plausible un transfert de ces capacités à l’Iran, dans le cadre d’une coopération militaro-technique entre deux alliés très proches.
L’Iran fournirait ainsi des drones Shahed à la Russie, en échange d’équipements radar et de technologies de brouillage avancées. Si cette hypothèse se confirme, le pays disposerait désormais d’outils capables de neutraliser un Internet satellitaire et porter un sérieux coup à une alternative utilisée par sa population.
Washington, de son côté, reste discret sur les soupçons de brouillage avancé et continue de considérer Starlink comme un moyen efficace de contourner la censure imposée par Téhéran. Le président Donald Trump a d’ailleurs déclaré, le 12 janvier 2025, vouloir s’entretenir avec Elon Musk au sujet d’un possible déploiement de nouveaux kits Starlink en Iran.
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