Molotov risque de perdre des plumes avec l'arrivée prochaine de Salto.

S’il fallait un signe de la grande vulnérabilité de Molotov à l’égard de Salto, ce pourrait bien être celui-ci : le site Électron Libre a signalé le 3 juillet que TF1 a coupé au début du mois le signal de ses chaînes, de façon à ce qu’elles ne puissent plus être vues sur le service de distribution de programmes de télévision.

L’incident n’a duré qu’un temps. Toujours selon nos confrères, Molotov a récupéré un signal TNT pour poursuivre la diffusion des émissions du groupe TF1 malgré tout. Un référé a aussi été déposé dans la foulée par Molotov. Selon nos constatations, l’accès au direct pour les chaînes TF1, LCI, TMC et TFX se fait sans difficulté.

Salto
Salto n’est pas encore là mais il provoque déjà des remous.

TF1 a un intérêt dans Salto, pas dans Molotov

Si la coupure a été pour l’instant rétablie par Molotov, la séquence montre néanmoins que le service pourrait souffrir de l’arrivée prochaine de Salto. Cette plateforme de vidéo à la demande par abonnement (SVOD) est un projet commun entre TF1, M6 et France TV. Elle contiendra donc évidemment les contenus des trois groupes. Contenus que l’on retrouve déjà en partie sur Molotov.

La décision de TF1, qui n’a pas renouvelé son contrat de distribution avec Molotov, a en apparence tout de la manœuvre consistant à préparer le terrain pour Salto. Du point de vue de TF1, ce n’est pas absurde : pour donner du poids au futur service de SVOD, il faut qu’il ait des contenus que les autres n’ont pas.

Molotov propose un accès gratuit ou payant à différentes chaînes de TV.

L’affaire rappelle la friction qui avait eu lieu début 2018 entre TF1 et Canal+. « TF1 veut faire payer ses chaînes gratuites, alors même que ces chaînes sont diffusées gratuitement sur la TNT et sur Internet » se plaignait la chaîne cryptée pour protester contre les conditions de renouvellement d’un contrat de diffusion.

Canal+ avait aussi argué que les chaînes de TF1 « occupent des fréquences nationales relevant du domaine public qui leur ont été octroyées gratuitement  » et que le groupe de télévision « bénéficie d’avantages réglementaires propres aux chaînes gratuites ». Des arguments que Molotov pourrait faire siens, en brandissant un devoir de continuité du service en maintenant la diffusion des chaînes de la TNT.

Salto n’est pas censé arriver tout de suite : le projet est en cours d’instruction à l’Autorité de la concurrence, et la patronne de France Télévisions, Delphine Ernotte, évoque un lancement au plus tard avant la fin 2019. Quant à Molotov, son avenir est incertain : en difficulté, il pourrait rebondir grâce à Xavier Niel.

Partager sur les réseaux sociaux