L'agence fédérale américaine Equal Employment Opportunity Commission (EEOC) étudierait les licenciements effectués chez Intel depuis 2016. Des documents mettent en évidence que ces licenciements auraient ciblé les employés plus âgés.

En 2016, la crise du PC faisait annoncer à Intel l’écrémage de près de 12 000 employés. Aujourd’hui, l’agence fédérale EEOC se pencherait sur le cas de ces licenciements, après plusieurs accusations de discrimination basée sur l’âge. A l’époque, Intel avait été obligé de fournir des données sur la vague de licenciements. On y apprenait que «  les personnes au-dessus de 40 ans [avaient] 2,5 fois plus de chance de perdre leur emploi que les moins de 40 ans ».

Aujourd’hui, l’affaire prend un tournant beaucoup plus sérieux avec l’implication de la EEOC.

CC Jiahui Huang

Un âge moyen de 49 ans

L’EEOC a reçu plusieurs plaintes de salariés accusant leur ex-employeur, Intel, de les avoir licenciés sur la base de leur âge, rapporte le Wall Street Journal dans un article du 25 mai 2018. Selon le média américain, l’âge moyen d’une des vagues de licenciements – concernant 2 300 employés – était de 49 ans soit sept ans de plus que l’âge moyen des salariés restants.

Les grandes entreprises de tech sont très souvent accusées de favoriser les plus jeunes au détriment des employés plus âgés. En 2016, Google était poursuivi en justice aux États-Unis pour discrimination à l’encontre des ingénieurs de plus de 40 ans. Peu après, c’était au tour de l’ingénieur John Kullmann Scheinberg de se plaindre d’une discrimination basée sur son âge alors qu’il cherchait à mettre fin à sa retraite anticipée dans une boutique Apple. En décembre dernier, ProPublica épinglait aussi le réseau social Facebook pour avoir donné la possibilité aux recruteurs d’exclure certaines tranches d’âge de leurs offres d’emplois. L’une des principales raisons avancées pour une telle pratique est financière : les salariés plus âgés coûtent plus chers et sont généralement plus exigeants.

Si la discrimination est avérée par l’EEOC, Intel risque un recours collectif. En effet, le Age Discrimination in Employment Act (ADEA) de 1967 interdit la discrimination sur l’âge envers les personnes âgées de 40 ans et plus. De son côté, Intel a formellement nié ces accusations. Un porte-parole de l’entreprise a déclaré au WSJ : « Des facteurs comme l’âge, la race, l’ethnie, le genre, le statut migratoire et autres facteurs personnels ne font pas partie du processus lorsque nous prenons ces décisions. »

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