Face à une communauté parfois peu respectueuse et un système manquant de possibilités pour définir son identité, Grindr veut faire bouger les lignes pour ses utilisateurs trans.

Application pionnière et emblématique des hommes gays, Grindr est un chat géolocalisé de rencontres, sous toutes leurs formes. D’abord américaine, l’application est devenue majoritairement chinoise depuis son rachat au printemps 2017 par l’entreprise Kunlun. Utilisé par près de 5 millions d’utilisateurs tous les mois, le service de chat est un rende-vous important de la communauté gay.

Définir une identité

Il y a deux jours, à l’occasion de la semaine de la visibilité des personnes trans, l’application a mis à jour les critères qui permettent de se définir sur le chat. Bien après Tinder, pourtant davantage connoté hétérosexuel, le chat gay se met à la page pour accueillir plus convenablement les personnes trans. Pour cela, les utilisateurs peuvent désormais choisir sur leur profil des identités de genre comme homme transnon binaire, ou spécifier leur identité si cette dernière n’apparaît pas.

Grindr

En outre, dans la nouvelle rubrique Identité, les utilisateurs peuvent également choisir le pronom avec lequel ils souhaitent être identifiés. En outre, la communication de l’application s’attache désormais à être plus neutre en matière de genre, tentant de parler à de plus nombreux utilisateurs qu’à des hommes gays.

Selon l’entreprise filiale de Kunlun, ces changements sont le résultat d’un sondage auprès de plus de 5 000 de ses utilisateurs trans. « Nous n’avons eu de cesse d’entendre les personnes trans utilisant Grindr expliquer qu’elles ne se sentaient pas bienvenues  », rappelle Jack Harrison-Quintana, à la tête d’une mission pour l’égalité sur Grindr.

Apprendre le respect

De plus, le chat va mettre à disposition une forme de foire aux questions pour les utilisateurs non trans afin qu’ils apprennent à mieux saisir les enjeux, et qu’ils apprennent à parler respectueusement aux personnes trans.

« Les personnes non trans veulent toujours demander au trans ce que cela veut dire d’être trans, et approchent les personnes non trans sans savoir parler respectueusement des problématiques de ces dernières  » ajoute Harrison-Quintana en citant les résultats du sondage organisé par sa firme.

Des enjeux qui sont finalement proches de ceux adressés par Tinder l’an passé. Le leader de la rencontre cherchait également à permettre à ses utilisateurs trans de mieux se définir, mais également à éviter que les utilisateurs étrangers à ces problématiques se montrent maladroits, voire cruels.

Sur Grindr, plateforme qui concentre à sa manière de nombreux enjeux de la communauté gay, retrouver ce type de comportement ne devrait pas surprendre les personnes trans confrontées à un monde gay parfois plus fermé et ignorant qu’il n’y paraît.

Partager sur les réseaux sociaux