En novembre 2016, Tinder déployait aux États-Unis une mise à jour permettant à ses utilisateurs de choisir, outre leur sexe « biologique », leur identité de genre. La France était alors oubliée par l'entreprise. Des mois après, la version hexagonale de l'appli de rencontre se met enfin à la page.

Nous regrettions l’année passée de ne pas voir apparaître en France l’option more genders développée par Tinder en partenariat avec la GLAAD (Alliance gay et lesbienne contre la diffamation) pour les pays anglophones.

Le Royaume-Uni, les États-Unis et le Canada disposaient alors d’une fonctionnalité permettant aux personnes trans de choisir l’identité de genre à laquelle ils se réfèrent. Pour Sean Rad, CEO de la startup californienne, il s’agissait alors de « sortir de la binarité du genre ».

Or, les observations faites par la GLAAD ou encore par l’avocate transgenre Andrea James permettaient de comprendre que ce « nouveau choix  » était non seulement une fonctionnalité sevrant la visibilité des personnes trans, mais était aussi nécessaire pour leur inclusion. En effet, sans la possibilité de préciser leur identité de genre, certains utilisateurs se retrouvaient mis au ban des swipes.

Femme, homme et beaucoup plus

En fin de compte, après quelques mois d’attente, « pour adapter les termes et les options aux utilisateurs français  » précise un porte-parole, la fonctionnalité est déployée en France. Et cela avec l’appui, à l’instar de la collaboration la GLAAD, de l’inter-LGBT française et de la TGEU (Transgender Europe).

Sean Rad, CEO de Tinder, CC TechCrunch

Les associations soulignent ainsi l’avancée de Tinder, comme Clémence Zamora-Cruz, de l’inter-LGBT, qui note : « Le fait qu’une plateforme comme Tinder affirme clairement qu’il n’existe pas que deux genres est un message fort  », et le TGEU se félicite d’une « mise à jour qui contribue à nous rapprocher […] d’une Europe où chacun peut revendiquer librement et sans entrave son genre, et ce, avec le soutien plein et entier de la société  ».

La division française de l’appli de rencontre écrit de son côté : « Les membres Français de Tinder ne pouvaient se définir qu’en tant qu’homme cisgenre ou femme cisgenre. Pour les personnes ne se reconnaissant pas dans cette binarité, comme par exemple certaines personnes trans, agenre ou non binaire, cette limite de choix posait d’évidents problèmes.  »

CC Ted Eytan

Enfin, pour appuyer sa démarche, la startup souhaite participer avec son propre char à la Marche des Fiertés parisienne de ce samedi 24 juin. L’entreprise précise être partenaire de l’événement et souligne qu’elle étendra sa campagne More genders à cette manifestation politique.

Pour rappel, la fonctionnalité permet donc d’accéder à un bouton plus qui vient s’ajouter au choix homme — femme. Dans ce Plus, les utilisateurs peuvent chercher parmi une liste d’identités reconnues celle qui leur sied, celle qui répond à ce qu’ils sont.

Comme le précisaient les militants américains en novembre, avant ce changement, Tinder n’était pas toujours un lieu bienveillant. En effet de nombreuses personnes trans ont pu être suspendues sur le service avant l’apparition de la fonctionnalité.

Rappelons qu’Andrea James détaillait en novembre  : « Certains utilisateurs de Tinder abusaient de la fonction pour signaler des membres en prétendant que les trans étaient des spammers.  avant de préciser :  Le système de Tinder ne pouvait pas détecter ce qui s’apparentait à une violation de ses conditions d’utilisation ni les utilisateurs qui souhaitaient juste s’en prendre aux transsexuels en faisant de faux signalements.  »

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