Pour lutter contre le braconnage des cornes de rhinocéros, une startup américaine a choisi l'impression en 3D. Pembient souhaite inonder le marché de fausses cornes, semblables en composition à celles que possèdent ces mammifères.

Sur les marchés du braconnage, la corne de rhinocéros a plus de valeur que l’or : selon les observations de WWF, ces cornes se vendraient entre 40 000 et 50 000 € au kilo. Vendue entière ou réduite en poudre, la corne de rhinocéros se destine principalement à des consommateurs asiatiques, notamment au Vietnam et en Chine.

Pembient, une startup située à Seattle, tente désormais depuis deux ans de lutter contre cette pratique illégale. Son outil pour y parvenir ? Une imprimante 3D — et une bonne connaissance de ce marché parallèle.

En imprimant de fausses cornes de rhinocéros à partir de kératine — la protéine dont sont composés nos ongles ou nos poils, et qui forme aussi la majeure partie des cornes de rhinocéros –, Pembient souhaite bouleverser le marché établi du braconnage en l’inondant de ses productions.

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Perturber le marché

« Pembient a été fondé sur une vision d’un monde sans braconnage de la faune. Cette vision nous a amenés à étudier les marchés des ailerons de requins, de l’ivoire des éléphants, et des cornes de rhinocéros. Nous sommes arrivés à la conclusion que de nouvelles idées étaient nécessaires pour perturber ces marchés. Notre approche actuelle, de la corne biofabriquée, est née des leçons que nous avons apprises lors de nos contacts avec le commerce de la corne de rhinocéros », explique la startup sur son site.

L’entreprise américaine assure que les cornes qu’elle imprime sont génétiquement identiques à celles des rhinocéros, que ce soit aux niveaux « macroscopique, microscopique et moléculaire », selon les mots de Matthew Markus, son fondateur. Celui-ci estime, qu’une fois que les cornes imprimées en 3D seront lancées sur le marché, elles seront difficiles à distinguer des véritables cornes.

Pembient n’est pas le premier projet à miser sur l’impression en 3D pour protéger la faune. Au Brésil, cette technologie a déjà servi à soigner des animaux, notamment des tortues et des perroquets.

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