Le Wall Street Journal rapporte que les smartphones de 4 000 militaires de l'OTAN stationnés dans les Pays baltes et en Pologne auraient récemment fait l'objet de tentatives de hacking. Ils soupçonnent des attaques venues de Russie.

En septembre 2017, les manœuvres militaires d’une semaine réalisées aux portes des Pays baltes, de la Pologne et de l’Ukraine, par la Russie , bien qu’attendues — tous les 4 ans, selon son calendrier habituel — avaient inquiété certains spécialistes.

Mais la menace se trouvait visiblement sur un autre front, selon le Wall Street Journal, qui révèle que les smartphones de 4 000 soldats de l’OTAN, parmi les troupes soldats venus de différents pays — dont les États-Unis — stationnés en Pologne et dans les Pays baltes auraient récemment fait l’objet de tentatives de piratage par des hackeurs en provenance présumée de Russie.

Le colonel américain Christopher L’Heureux, à la tête de la base polonaise de l’OTAN depuis juillet, explique ainsi au quotidien américain avoir constaté une intrusion d’une adresse IP russe — en provenance de Moscou — sur son smartphone. Celle-ci a tenté d’outrepasser sa deuxième couche de protection par mot de passe tandis que six autres soldats de son équipe ont également été ciblés. Facebook et iCloud comptent parmi les services en ligne visés.

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CC Paul Shaw

« Sans précédent dans l’histoire récente »

Les hackeurs auraient également recours à des drones dans leur opération de renseignement visant à en savoir plus sur le nombre de troupes en présence et les stratégies en vigueur au sein de l’effectif. Les soldats de l’OTAN sont convaincus d’avoir été ciblés par des hackeurs liés au gouvernement russe au vu de la qualité du matériel utilisé, loin d’être accessible à tous, et de la coordination des campagnes.

Dès janvier 2017, des troupes situées près de la frontière estonienne avec la Russie avaient évoqué des « événements étranges » sur leurs smartphones — tels que la suppression de certaines informations comme des contacts de leur carnet d’adresse — juste avant l’arrivée de troupes française et britannique en renfort.

Keir Giles, membre du programme Russie et Eurasie du think tank Chatham House , a livré son analyse de la situation au quotidien américain : «  La Russie a toujours cherché à cibler les militaires de l’Otan pour en tirer des renseignements. Mais une telle campagne de harcèlement et d’intimidation est sans précédent dans l’histoire récente ».

Contacté par différents médias, le ministère de la défense russe n’a pas répondu à ces sollicitations.

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