Andreas Gal est un ancien employé de Mozilla. Depuis le début de l'été, l'ancien directeur technique analyse les parts de marché du navigateur web libre. Il anticipe une défaite irréversible de Firefox contre Google Chrome.

Un logiciel peut techniquement progresser et perdre jour après jour des utilisateurs : c’est le constat que fait Andreas Gal, l’ancien directeur technique de Mozilla. Il analyse sur son blog les derniers scores de Firefox, le navigateur libre, et voit une chute notable et « irréversible » dans les parts de marché du secteur.

Celui qui avait déjà pointé la victoire finale de Google Chrome contre Firefox assure qu’il ne s’agit pas pour lui de pointer les erreurs de la fondation Mozilla : selon lui, la guerre marketing contre Google qui ne peut être gagnée, du fait de la puissance de frappe écrasante de la firme de Mountain View. Et c’est elle qui conditionne tout, plus que la course technique, où le rapport de force est plus équilibré.

Les graphiques dévoilés par Andreas Gal sont éloquents : plutôt que d’utiliser StatCounter, l’ancien directeur technique s’est tourné vers des chiffres propres à Mozilla, les Active Daily Installs (les signaux envoyés par les navigateurs à Mozilla, en somme) sur les ordinateurs. Notons que ces courbes ne prennent en compte que la dernière version de Firefox et négligent donc les précédentes. Ils permettent néanmoins d’illustrer assez clairement la perte de vitesse du navigateur :

Nombre d’Active Daily Installs, oct. 2015 à juillet 2017. (Andreas Gal)

Andreas Gal tente d’expliquer cette chute manifeste en mettant en lumière la pression de Google pour que les internautes adoptent Chrome, ainsi que l’accélération du « virage mobile  ».

Pour lui, Firefox pour PC est « en voie d’extinction  ». Et l’on sent une certaine amertume de sa part lorsqu’il constate que durant les plus importantes pertes d’utilisateurs, Firefox s’améliorait et devenait « aussi bien que Chrome  ». Seulement, Andreas Gal observe que le marché du bureau étant désormais stagnant. Google est obligé de braconner sur les terres de ses concurrents pour assurer sa croissance.

Andreas Gal n’est pas seulement pessimiste quant à l’avenir de Mozilla. Il estime que la croissance du navigateur mobile ainsi que les innovations de la firme lui garantissent une grande longévité, mais probablement sans Firefox pour PC. Mais il reste au navigateur libre plus de 90 millions d’utilisateurs, ce qui devrait lui assurer des revenus pour quelques années encore.

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