Le service gratuit Unroll.me, qui permet de se désabonner plus rapidement des newsletters polluant les boîtes mails, a reconnu revendre les données personnelles de ses utilisateurs. Face à la polémique, le patron de l'entreprise a tenu à rassurer en affirmant que toutes ces informations étaient anonymisées.

L’adage, bien connu, prend un sens tout particulier sur Internet, qui pullule de plateformes non payantes aux services attrayants : « Si c’est gratuit, vous êtes le produit ». C’est ce qu’ont découvert à leurs dépens les utilisateurs d’Unroll.me, un outil qui permet de se désabonner plus facilement des nombreuses mailing lists qui encombrent votre boîte mail de messages promotionnels, grâce à un long portrait du New York Times sur Travis Kalanick, le décrié patron d’Uber.

Au détour d’un paragraphe, l’article indique en effet que Slice, l’entreprise d’analyse de données qui a racheté Unroll.me en 2014, revend les les données personnelles récoltées par le service dans les boîtes mail de ses membres. Ceux-ci autorisent, en s’inscrivant, le service à scanner leur compte afin de leur permettre d’y trouver les liens de désinscription aux mailing lists.

Le New York Times explique qu’Unroll.me vend par exemple les reçus de course Lyft, un service concurrent d’Uber, à ce dernier, après les avoir anonymisées, comme l’exige la réglementation sur la revente des données personnelles. Les reçus d’Uber sont eux aussi vendus aux entreprises intéressées mais Unroll.me a refusé d’en révéler l’identité.

Le patron d’Unroll.me s’excuse

Dans un article de blog intitulé « Nous pouvons faire mieux », le co-fondateur et patron du service, Jojo Hedaya a tenu à réagir à cette polémique : « Nos utilisateurs sont au cœur de notre entreprise et de notre service. Ça m’a brisé le cœur de voir que certains d’entre eux étaient mécontents de découvrir la façon dont nous monétisons notre service gratuit. […] Bien sûr, nous avons des conditions d’utilisation et des règles de confidentialité que les utilisateurs doivent approuver avant de s’inscrire mais la réalité est que la majorité d’entre nous — moi y compris — ne prenons pas le temps de les lire en détail. »

Loin d’annoncer la fin de cette pratique — essentielle au financement du service –, Jojo Hedaya promet simplement de mieux communiquer sur les pratiques du service et affirme que la vie privée de ses utilisateurs reste préservée par l’anonymisation des données dénichées dans leurs emails.

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