Un iPhone avec une interface au croisement d'un iPod et de macOS ? C'était l'un des chemins envisagés par Apple avant de se tourner vers l'idée qui deviendra iOS.

Peut-on faire confiance à Sonny Dickson ? À cette question, posée à nos collègues de FrAndroid bien plus habitués à jongler avec les leaks que nous, la réponse à été franche : « Il est encore dans le game lui ? ».  Cela n’augurait donc pas le meilleur pour cette vidéo de ce que le média présente comme l’autre version d’iOS, mais Tony Fadell, celui qu’on considère comme le père de l’iPhone, a validé d’un tweet qu’il s’agissait bien des deux pré-versions d’iOS, le système d’exploitation qui fait tourner les iPhone.

L’histoire est méconnue, mais elle est passionnante : en interne, deux équipes étaient chargées de travailler sur l’interface de l’iPhone. D’un côté, il y avait celle de Tony Fadell, chargée du projet P1, qui avait proposé une interface qui paraîtra étrange aujourd’hui mais qui avait du sens en 2007 : elle était un véritable mélange entre macOS et un iPod. On retrouvait donc une roue directionnelle et des commandes à l’écran qui contrôlaient des fenêtres sorties d’un environnement de bureau.

La version P2, portée par l’équipe de Scott Forstall, semble être au stade du concept mais a déjà en puissance ce qui fera la force du système d’exploitation mobile d’Apple : de grosses icônes facilement accessibles avec des doigts. L’idée portée par l’équipe P2 est bien plus radicale et ô combien plus adaptée à un écran tactile que la transposition des commandes d’un iPod.

D’après Fadell, qui s’est empressé de rappeler que les deux équipes n’étaient pas en compétition, la « roue cliquable » de l’iPod était si iconique que certaines équipes avaient du mal à s’en défaire. Du coup, au lieu de l’abandonner complètement, ils tentaient de lui donner une cure de jouvence. Mais c’est ce débat ouvert entre de multiples idées qui a permis à Apple d’avoir un produit fini particulièrement intéressant et que la concurrence a mis beaucoup de temps à rattraper. À ses débuts, Android était d’ailleurs particulièrement brouillon.

Ironiquement, aujourd’hui, c’est l’interface d’iOS qui tend à se complexifier en ajoutant, version après version, des tas de raccourcis et options pas forcément intuitifs.

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