Pour sa quatrième édition, le concours du meilleur développeur de France a été victime de son succès. Entre les problèmes de connexion internet et l'espace non adaptés ce genre d'événement, les développeurs présents lors du concours n'ont pas caché leur déception.

C’est ce lundi 14 mars que la quatrième édition du concours du meilleur développeur de France se tenait au théâtre de Paris. 1 000 développeurs, avaient fait le déplacement pour tenter de remporter les 10 000 euros et le titre de meilleur développeur du territoire.

Tout à côté, Criteo, notre champion français du reciblage publicitaire avait mis à disposition ses locaux de la rue Blanche afin d’accueillir des conférences en lien avec le monde numérique. Jacques Attali, Henry Seydoux de Parrot ou encore Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat chargée du numérique sont intervenus dans l’auditorium et ont partagé leur vision de la question. Criteo avait mis les petits plats dans les grands pour accueillir les développeurs, invités à se restaurer et se détendre avant le début des épreuves.

SONY DSC

L’ambiance était encore bon enfant jusque-là : on entendait les candidats blaguer, échanger et se détendre. Cependant, le temps s’est gâté à l’approche de  l’ouverture des portes du théâtre — et du début des épreuves. Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet se sont déplacés pour l’événement, séparément bien entendu. Aussi vite qu’il s’est ouvert, le théâtre a été pris d’assaut. Pêle-mêle, journalistes, développeurs, organisateurs et politiques en campagne se sont précipités à l’intérieur de l’enceinte du théâtre dans une confusion qui ne laissait pas augurer du meilleur pour la suite.

Du rififi dans l’organisation

La première manche du concours commençait dès 20h. Les développeurs étaient donc invités à prendre place sous la voute moulurée et dans les fauteuils rouges du théâtre inauguré en 1891. Mais c’est là que les problèmes commencent. Devant le théâtre s’étale la foule de ceux laissés sur le carreau. Et elle n’est pas constituée que de badauds qui venaient voir un concours de code :  non, des développeurs inscrits au concours ne peuvent pas accéder à l’arène. Débordé, le service de sécurité bloque les entrées, ne laissant plus passer personne, même les développeurs munis de bracelets — sésame supposé garantir un accès privilégié aux festivités.

Admettons que le concours ait été victime de son succès et que les premiers arrivés ont été les mieux servis : cela arrive, ce n’est pas si grave. Mais peut-on imaginer, d’une telle organisation, autour d’un sujet comme celui-là, parrainé par des champions français du web et de la technologie, qu’il y ait des soucis techniques ? Quels sont en effet les besoins d’un développeur lors d’un concours ? Le pain et l’eau fraîche 2.0 : un bon réseau Wi-Fi, des prises électrique pour brancher leurs ordinateurs et suffisamment d’espace pour ne pas sentir la pression de son voisin qui va plus vite sur ses épaules. Et pourtant, ces trois fondamentaux manquaient.

Un théâtre datant du XIXe siècle c’est beau, mais pas des plus pratiques pour l’organisation d’un concours comme celui-ci. Ordinateurs sur les genoux, sans table, les développeurs manquaient visiblement d’espace pour écrire du code confortablement. Mais ce n’était que la partie visible et so matérielle de l’iceberg : après la déconvenue liée à l’espace, les problèmes de connexion au réseau Wi-Fi mis à la disposition des candidats en ont carrément handicapé certains qui n’arrivaient pas à se connecter à la plateforme sur laquelle ils devaient résoudre les trois exercices qui devaient les amener aux portes de la renommée.

Visiblement agacés de ne pas avoir pu participer au concours dans de meilleures conditions, un des candidats représentant la Société Générale nous avoue avoir « arrêté au bout d’un quart d’heure à cause des problèmes de connexion ». « Ces problèmes de Wi-Fi ont été une source de stress supplémentaire », a-t-il ajouté. Même discours chez la team AXA, où tous les membres étaient facilement identifiables grâce à leurs looks de cowboys. Le service communication présent pour soutenir les troupes fera part de son énervement alors que le concours est l’occasion «  de fédérer et de montrer notre culture team ».

Après une deuxième manche et une finale qui ne se déroulera pas non plus dans les meilleures conditions puisque les organisateurs commençaient à ranger et à libérer l’espace en pleine épreuve finale, les résultats ont été annoncés par Jean-Baptiste Descroix-Vernier peu après minuit.

Le créateur de Rentabiliweb s’est exprimé sur sa vision du web et du code : « N‘oubliez pas que vous codez et développez pour des humains. Sans vous, il n’y a pas de virements bancaires, pas de salaires virés, pas de transactions bancaires tout simplement ». Il a affirmé qu’il souhaiterait que le meilleur développeur ait une reconnaissance officielle, une sorte d’équivalent au meilleur ouvrier de France. Avant de conclure son discours sur le degré de difficulté de l’épreuve finale : « Les personnes à l’origine des algorithmes pensaient qu’il serait impossible de résoudre le deuxième exercice tant il était difficile ! Le vainqueur en tire d’autant plus de mérite ».

L’heureux gagnant est un jeune homme de 21 ans, Clément Beauseigneur, finissant ses études à l’ENS de Cachan. Le jeune homme, visiblement ému, a affirmé ne pas encore avoir trouvé d’entreprise pour l’accueillir, ce qui n’a pas manqué de provoquer l’hilarité de l’assemblée. Gageons qu’il saura mettre en valeur sa capacité à produire du code de qualité dans n’importe quelle condition.

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés