Google lance Destinations, un nouveau service qui permettra de planifier les grandes lignes de ses vacances en quelques clics seulement. Une concurrence directe aux agences de voyage.

Vous hésitez sur la destination à choisir pour vos prochaines vacances d’été ? Ou bien vous cherchez tout simplement à vous concocter un road trip, mais vous n’avez pas le courage de chercher les meilleurs bons plans pour éviter que le voyage ne coûte trop cher ? Alors peut-être devriez-vous regarder du côté de Google Destinations.

Présenté mardi, Destinations est un nouveau service proposé par la firme de Mountain View qui vise à simplifier l’organisation de votre prochain périple, en France ou à l’étranger. Concrètement, il s’agit de regrouper en un seul endroit plusieurs informations pratiques qui s’avéreront utiles pour le séjour.

De la destination…

Dans le moteur de recherche, il suffit d’associer deux mots clés (par exemple « Europe » et « destination » ou « Japon » et « vacances ») pour ensuite obtenir un encart proposant une sélection de lieux. Dans le cas de l’Europe, un aperçu est donné avec deux villes (Londres et Paris), auxquelles s’ajoutent d’autres capitales si on développe l’encart.

Des suggestions prédéfinies de voyage sont alors affichées, avec une proposition de dates (par défaut, une semaine), le prix du billet d’avion (vraisemblablement calculé en prenant en compte la position géographique de l’utilisateur au moment de sa recherche ; le choix d’un autre aéroport que celui-ci situé le plus près ne semble pas encore possible) et le coût de l’hébergement une fois sur place.

Des filtres de tri sont proposés afin d’affiner les propositions de Google en fonction de vos centres d’intérêt, vos dates (fixes ou flexibles), votre budget total et le nombre de voyageurs (la vidéo de démonstration se limite à une ou deux personnes). Les résultats sont ensuite mis à jour.

Pour fonctionner, Destinations s’appuie sur les itinéraires d’avion qui sont renseignés dans Flights, son outil de comparaison et de réservation de billets d’avion, ainsi que sur les requêtes concernant l’hôtellerie. Ces informations sont actualisées chaque jour, avec la possibilité de filtrer davantage (nombre d’étapes au cours du parcours, classe de l’hôtel, etc.).

…à l’itinéraire

Une fois que vous avez choisi votre destination, l’application ne s’arrête pas là. Elle propose ensuite une suggestion d’itinéraires populaires en se basant sur les trajets de touristes qui sont déjà allés sur place. Ces trajets peuvent être thématiques, comme le quartier gothique de Barcelone ou les incontournables pour un week-end prolongé.

Quand vous sélectionnez un itinéraire, une carte s’affiche alors avec les différentes étapes du trajet à effectuer. Le temps de trajet moyen entre chaque lieu est indiqué, tout comme la durée recommandée pour profiter de chaque visite. Un bref descriptif est aussi de la partie pour expliquer l’intérêt de ce parcours.

Éviter les avions de ligne, une priorité.
Votre prochain voyage sera-t-il préparé avec Destinations ?

Bien entendu, rien n’interdit de programmer soi-même son itinéraire en passant par cet outil. En outre, celui-ci propose d’autres indications, comme par exemple les températures moyennes tout au long de l’année, le prix constaté en fonction des saisons et l’affluence des touristes, afin de trouver le meilleur moment pour voyager.

Google Destinations n’est certes pas aussi complet qu’un vrai guide touristique, du moins pas pour l’instant, mais force est de reconnaître qu’il se montre très efficace pour planifier les grandes lignes de son voyage en quelques clics, le tout depuis un smartphone ou une tablette, en puisant dans des données actualisées en temps réel et basées sur l’historique d’autres voyageurs. Et c’est performant.

L’ombre de l’abus de position dominante

L’arrivée de Google Destinations devrait en revanche relancer les accusations d’abus de position dominante dont le groupe fait déjà l’objet. L’entreprise américaine affronte déjà une enquête de la Commission européenne, qui porte pour partie sur ses services liés au tourisme, mis en avant dans les résultats du moteur de recherche global.

Comme le soulignait en 2012 le patron de la SNCF, Guillaume Pépy, Google pèse plus de 90 % de la recherche en Europe, y compris dans les plus gros pays (Allemagne, Espagne, France, Italie et Royaume-Uni). Or, l’entreprise de transport qui dispose de multiples filiales annexes estime que dans ces conditions, il est très difficile de faire connaître les services de ses sociétés à un public qui a le « réflexe Google ». Le problème n’est pas que Google soit en position dominante, ni qu’il lance des services concurrents, mais que la position dominante lui permette de mettre en avant ces services — parfois, voire souvent à perte dans un premier temps — au détriment d’une concurrence qu’il écrase. Et au détriment de la diversité des services proposés aux consommateurs.

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Recherche de billets d’avion

C’est le cas avec Flights, mais aussi Zagat (guide de restaurants) ou encore Frommer’s (guide de voyages). De fait, il pourrait donc être tentant pour l’entreprise américaine « d’orienter l’internaute sur toute la chaîne de valeur, de la recherche à la réservation », s’alarmait déjà Guillaume Pépy.

« Comment se gère le conflit d’intérêts entre la position de moteur de recherche, neutre et encyclopédique, et des activités commerciales, choisies et intéressées ? Google revendique l’exhaustivité et la pertinence des résultats de ses recherches. Mais ces résultats pourraient être biaisés à son seul bénéfice. Et l’utilisateur ne sait rien de la manière dont ses données privées sont utilisées pour lui présenter des résultats adaptés à son profil… et au profit des annonceurs », avait-il ajouté.

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