Onename veut changer la manière dont nous gérons notre identité en ligne en proposant un service de connexion à la Facebook Connect décentralisé.

C’est arrivé sans prévenir. Un moment, personne ne connaissait Onename ; l’autre, vous avez vu déferler sur votre timeline, que ce soit sur Facebook ou Twitter, un message de ce genre :

Non, vos contacts ne participent pas à un rituel social virtuel d’un nouveau genre : ils confirment simplement par ce message étrange qu’ils possèdent le compte social qu’ils ont renseigné sur leur compte Onename, une manière de vérifier leur identité.

Attendez, attendez, Onename ? Si vous ne connaissez pas encore le service, c’est normal. Pour résumer son concept de la manière la plus simple possible, il s’agit d’un service qui garantit votre identité web. Vous créez un compte avec un nom d’utilisateur unique et ce sera vous : vous pourrez y ajouter des informations de base et lier vos comptes sociaux (qui seront vérifiés par le procédé décrit ci-dessus). La version grand publique que vous avez sous les yeux est née d’un service du même nom, sorti en 2014, qui avait pour ambition de faciliter les échanges de Bitcoins en remplaçant la clef d’authentification par un nom d’utilisateur.

Ce qu’espèrent les développeurs de Onename, c’est que le service soit suffisamment diffusé et utilisé pour devenir une sorte d’identité virtuelle permettant à ses utilisateurs de se connecter à d’autres services et de se référencer dans un annuaire facilitant la recherche de clefs PGP pour envoyer des mails chiffrés ou d’identifiants pour transférer des Bitcoins. Un peu à la manière d’un Facebook ou d’un Twitter Connect… avec un petit mais.

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Et ce mais a toute son importance : Onename n’est pas centralisé et, comme les Bitcoins, s’appuie sur le principe des blockchains pour fonctionner — plus particulièrement sur le protocole Blockstore. Pour essayer encore une fois d’être le plus clair possible, on peut dire que vous et vous seul possédez la clef d’identification qui vous permettra de récupérer votre profil : vous téléchargez à l’inscription un fichier très précieux qui la contient. Cela signifie que ce que vous voyez sur un profil Onename est une façade qui vous appartient. Mettons que, demain, Onename soit piraté, personne ne pourra falsifier ou utiliser votre compte et ses interconnexions sans avoir la clef. Et cette clef, c’est vous qui l’avez, sur votre ordinateur.

Onename est donc un service d’authentification dont la base de données est décentralisée, éparpillée sur les ordinateurs des utilisateurs. Pour l’instant, avoir un compte Onename ne vous servira à rien, mais vous feriez mieux de réserver celui que vous souhaitez avoir à votre nom ou votre pseudo. Si le service décolle, il pourrait être une alternative universelle et sécurisée de connexion pour des tas de services mainstream, de Dropbox à Uber en passant par l’administration de votre banque en ligne, vos impôts ou votre compte sur Numerama.

Si le service décolle, il pourrait être une alternative universelle et sécurisée de connexion

Reste à savoir si cette idée peut percer et si l’équipe derrière le projet aura les reins assez solides pour le porter à maturité. Rien n’est dit par exemple, sur le site de Onename, sur la manière pour cette équipe de se rémunérer après avoir dépensé le cash investi par leurs prestigieux actionnaires. Notre bullshitomètre frétille, mais ne s’est pas encore affolé.

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