Telegram ne dévoilera pas des échanges entre ses utilisateurs, fussent-ils liés à l'état islamique, mais le service tente tout de même de fermer les salons des djihadistes.

Durov s’en était vanté auprès du Financial Times en juillet dernier : « Depuis que nous avons fondé Telegram, nous n’avons pas dévoilé ne serait-ce qu’un octet de donnée personnelle de nos utilisateurs, y compris aux gouvernements  ». Nous l’évoquions d’ailleurs dans notre présentation de Telegram : Durov a tenu tête au Kremlin et à l’Iran, refusant systématiquement de changer de ligne philosophique par rapport aux données personnelles. Le seul contrôle que la compagnie a toujours revendiqué, c’est celui des salons publics qui auraient pu être désactivés à la demande des autorités. Et c’est ce que Telegram est en train de faire en ce moment.

La compagnie a révélé aujourd’hui qu’elle avait désactivé 78 salons liés à Daesh et qu’elle ne souhaitait pas que son application serve d’outil de propagande à des groupes terroristes. Le service de communication de l’application a diffusé l’information sur Twitter.

Il est intéressant de noter que ce n’est pas une demande des gouvernements ou des forces de l’ordre, mais l’action de la communauté des utilisateurs de Telegram qui a initié le mouvement en signalant ces comptes. Nous avions également relevé que des Anonymous avaient ciblé des salons spécifiques sur l’application à la suite des attentats de Paris, tous liés à l’état islamique. D’après l’agence Reuters, l’effort est pour l’instant vain car le groupe terroriste crée de nouveaux salons à mesure que ceux déjà utilisés ferment.

De son côté, Pavel Durov, qui est le principal actionnaire de la société allemande qui édite et développe l’application, n’a pas attendu pour lâcher un petit mot sur la soirée du vendredi 13, via son compte Instagram. S’il commence par présenter ses condoléances à la France, le libertarien prend très vite un raccourci encore inédit et bas du front pour donner une responsabilité aux attentats : d’après lui, les attaques sont à imputer au gouvernement français et plus particulièrement, aux impôts et à la politique d’immigration. « Ils prennent l’argent de ceux qui travaillent en France avec des impôts outrageusement trop élevés et dépensent cet argent dans des guerres inutiles au Moyen-Orient ou en créant des paradis sociaux parasites pour les migrants nord-africains », affirme-t-il.

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