Le vol inaugural de la fusée lourde Falcon Heavy, prévu initialement pour l'automne, n'aura finalement pas lieu cette année. SpaceX va se limiter à un test de mise à feu statique fin décembre. Pour le décollage lui-même, la société vise désormais début 2018.

Dans le domaine de l’astronautique, il faut parfois composer avec des impondérables. Elon Musk s’en est rendu compte avec Falcon Heavy. Sa société spécialisée dans le vol spatial, SpaceX, devait initialement procéder au vol inaugural de sa toute première fusée lourde cet automne, vraisemblablement en novembre. Mais le 1er décembre est arrivé et aucun décollage n’a eu lieu.

Plus frustrant encore, aucun lancement ne devrait survenir avant 2018. Alors qu’une date en toute fin d’année était envisagée, la directrice de l’exploitation chez SpaceX a fait savoir à Aviation Week que le tout premier tir de Falcon Heavy aura plutôt lieu dans les premières semaines de l’an prochain ; fin décembre, il y aura juste un test de mise à feu statique avec l’ensemble des propulseurs — au nombre de 27.

Si SpaceX maîtrise désormais correctement les vols intermédiaires, qui sont assurés par la fusée Falcon 9, le changement de catégorie constituera un vrai défi pour l’entreprise américaine. Entre la masse à arracher de la gravité terrestre, la complexité de l’engin et le nombre de propulseurs à gérer, la société s’attend même à un échec partiel du lancement.

C’est ce qu’a fait comprendre Musk cet été en évoquant de « nombreux risques » : « il est très probable que le véhicule n’arrive même pas en orbite. Je tiens juste à ce que [les attentes du public] prennent [cet élément] en compte. J’espère qu’il ira assez loin du pas de tir pour ne pas l’abîmer. Honnêtement, ce serait déjà une réussite ». La fusée doit décoller du Kennedy Space Center, en Floride.

« Il est très probable que le véhicule n’arrive même pas en orbite »

Capable de transporter une charge de 54,4 tonnes en orbite terrestre basse, le Falcon Heavy fait figure de version améliorée et plus puissante du lanceur Falcon 9. Il s’agit, en simplifiant, d’une fusée classique à laquelle on ajoute deux propulseurs latéraux. En orbite de transfert géostationnaire, le Falcon Heavy doit pouvoir transporter une charge utile de 22,2 tonnes et de 13,6 tonnes pour Mars.

Le lancement est capital pour SpaceX puisque le lanceur est censé lui permettre, en 2018, de transporter deux touristes astronautes près de la Lune. Pour cette mission, le Falcon Heavy embarquera une capsule Dragon 2. Aujourd’hui, celle-ci, dans sa version de base, est employée dans les opérations de ravitaillement de la station spatiale internationale.

C’est aussi un cap symbolique car il s’agira aussi de l’emploi de la fusée américaine la plus puissante depuis celle du Saturn V de la Nasa, en 1973. On peut dès lors comprendre la prudence avec laquelle SpaceX avance sur ce dossier, même si cela nécessite des réajustements de calendrier.

Saturn V
La fusée Saturn V.
CC Nasa

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