Dans une interview à GQ, Elon Musk a détaillé un peu plus ses plans pour établir une colonie humaine sur Mars. Et sa seule crainte n'est pas technologique, mais géopolitique : la guerre.

Elon Musk, le milliardaire qui possède Tesla, SpaceX ou SolarCity et souhaite améliorer notre monde grâce à la technologie a fait son grand oral de fin d’année pour la version américaine du magazine GQ. Dans cette interview fleuve, Musk s’étend dans ses réponses au journaliste Chris Heath sur les sujets dont il aime le plus discuter : la colonisation de Mars, la voiture autonome ou encore, Hyperloop, son idée de train à très grande vitesse.

Et c’est au sujet de Mars que Musk semble le plus emballé, mais c’est aussi autour de la planète rouge que le milliardaire se pose le plus de question. Pour lui, si l’humanité va bien, il n’y a aucun doute que nous puissions créer une colonie martienne un jour où l’autre — âgé de 44 ans il estime que ce sera dans la décennie de ses 50 ans. Le souci viendrait du moment où l’humanité commencerait à s’entredéchirer et régresserait mécaniquement à un niveau technologique et économique si bas qu’elle ne pourrait plus réaliser ce grand projet.

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Lancement d’une fusée Falcon 9
Bill Dickinson

« Il y a une fenêtre qu’on peut ouvrir pour une courte ou une longue période et qui pourrait être une opportunité pour établir une base autonome sur Mars avant que quelque chose se passe sur Terre qui amènerait notre niveau technologique en-dessous du minimum requis pour son installation. Est-ce que cette base pourra être autonome avant que les vaisseaux terriens arrêtent de l’approvisionner ?  », se demande-t-il. Le plus gros danger, pour lui, ce serait une guerre mondiale, celle qu’on cesse de redouter par optimisme quand elle n’a pas eu lieu depuis trop longtemps. Et si elle se produisait, Musk estime que ce serait « bien pire que tout ce que nous avons pu connaître. Imaginez que ce soit une guerre nucléaire. Cela pourrait créer un mouvement anti-technologie très puissant. Et puis il y a également la montée des extrémismes religieux… est-ce que l’État Islamique grandit ?  »

Toutes ces considérations ne l’empêchent pourtant pas de travailler avec ses équipes sur sa BFR, Big Fucking Rocket, dont le nom est une référence claire au gros flingue expérimental récupéré à la fin de Doom. Ce vaisseau spatial est censé être propulsé depuis la Terre grâce à un énorme booster, suffisamment puissant pour s’extraire de l’atmosphère terrestre et sa gravité et conduire un équipage sur Mars. De là, il pourrait effectuer un voyage retour plus aisé, vu que les conditions martiennes sont plus clémentes quand il s’agit de s’arracher du sol. Ce vaisseau spatial, Musk affirme qu’il n’a jamais rien vu d’aussi gros.

Toutes ces considérations ne l’empêche pourtant pas de travailler avec ses équipes sur sa Big Fucking Rocket

Pour autant, les plans martiens de SpaceX attendront encore quelques mois avant d’être dévoilés au public : « Je préfère attendre qu’on puisse présenter quelque chose qui ne changera pas, ou très peu, affirme Musk, avant de conclure : quoi qu’il en soit, je pense que ça semblera complètement dingue.  »

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