Le 29 juin 2017, l'Association des journalistes LGBT organise à Paris ses « Out d'Or ». Sur le modèle américain, la soirée célèbrera les personnalités de la sphère médiatique, politique ou artistique, qui prennent soin d'aborder les thématiques LGBTQ+ de manière respectueuse.

En 2016, l’association nationale SOS homophobie a recueilli 1 575 témoignages d’actes LGBTphobes, soit 19,5 % de plus qu’en 2015. L’association note qu’Internet est « le lieu le plus propice au développement de la parole homophobe et transphobe » ; les lieux publics, la sphère familiale, l’école et le travail ne sont pas non plus épargnés par ce climat d’homophobie.

La sphère médiatique est loin d’être étrangère à un tel constat. C’est en tout cas sur cette observation qu’a été fondée en 2013 l’AJL, l’Association des journalistes LGBT, en pleine période de débats sur le mariage pour tous. L’objectif, regrouper des journalistes, qui s’identifient éventuellement à ces identités — même s’il ne s’agit pas d’un critère excluant — et venus de diverses rédactions, pour assurer un travail de veille sur la manière dont sont traitées les questions LGBT dans les médias.

Changer d’optique

L’association vient à présent d’annoncer la tenue d’un gala le 29 juin 2017, baptisé les « Out d’Or ». Cette soirée, organisée à la Maison des métallos, à Paris, permettra de récompenser des médias et des personnalités pour leur rôle à l’égard des problématiques et des personnes LGBTQ+.

AJL

« Nous avons constaté qu’il y avait un dysfonctionnement dans la manière de traiter des questions LGBT d’une part, et de l’homophobie, d’autre part, dans les médias, nous explique Alice Coffin, co-présidente de l’association. L’idée était de faire œuvre de pédagogie auprès des journalistes, et nous avions déjà une légitimité auprès d’eux, puisque ce sont nos confrères. »

Pendant sa deuxième année d’existence, l’AJL s’attache ainsi à rédiger une charte intitulée « Les médias contre l’homophobie », afin de conseiller et d’encourager les journalistes à couvrir les thématiques LGBT de manière respectueuse. « Cette année, nous avions envie de changer un peu d’optique, et nous avons donc choisi d’organiser ce gala pour célébrer celles et ceux qui font bien leur boulot. Nous voulions aussi élargir notre action, et ne pas parler que de la sphère médiatique, mais également des personnalités politiques, des entreprises ou des artistes », indique Alice Coffin.

L’événement s’inspire de l’initiative américaine des GLAAD Awards

L’événement s’inspire directement des GLAAD Media Awards organisés aux États-Unis, qui récompensent depuis 1990 des personnalités, des médias ou même des œuvres qui s’investissent dans la visibilité et la représentation de la communauté LGBTQ+.

Pendant une heure et demi, une poignée de journalistes, mais aussi d’autres personnalités, se verront ainsi décerner des prix lors des Out d’Or. Auparavant, une table ronde avec des élus politiques évoluant dans la sphère LGBT sera organisée à 18h. Outre les partenaires médiatiques de l’événement, l’AJL pourra compter sur la présence de l’Institut National de l’Audiovisuel (INA) qui diffusera à cette l’occasion des archives portant sur le traitement des thématiques LGBT dans les médias.

Facebook et Hornet parmi les partenaires

Le réseau social Facebook et l’application de rencontres Hornet seront également présents, de même que la Délégation interministérielle à la Lutte contre le Racisme, l’Antisémitisme et la Haine anti-LGBT (DILCRAH).

« Il y a un verrouillage en France de ces questions, du fait de pouvoir dire ouvertement que l’on est homosexuel. Beaucoup d’élus cachent leur identité LGBT, c’est dommage, et cela dit quelque chose de la société. Avec ce gala, nous avons envie de donner un message positif, que les gens se disent, si elles et eux peuvent le faire, c’est possible », poursuit la co-présidente de l’association.

Les prix seront attribués en fonction des valeurs sur lesquelles l’association a été fondée

Les prix seront attribués en fonction des valeurs sur lesquelles l’association a été fondée. « Nous récompenserons les propos justes et la bonne compréhension des thématiques, ainsi que l’impact médiatique. Et nous prendrons soin de ne pas nous limiter aux médias parisiens. L’objectif est vraiment de mélanger des cercles qui ne se côtoient pas, comme les milieux militants et la sphère politique », conclut Alice Coffin.

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