En décembre, Star Wars est de retour. C'est le moment de se refaire tous les films avant de savourer le nouvel opus. Faut-il suivre l'ordre chronologique de sortie au cinéma ou l'ordre de l'histoire ? Ni l'un ni l'autre. Découvrez l'Ordre à la machette, inventé pour réconcilier les deux et redonner de l'intérêt à la prélogie.

Cet article est une libre adaptation d’un billet de blog signé en 2011 par Rod Hilton, qui nous en a donné l’aimable autorisation. Si vous n’avez jamais vu Star Wars et ne savez absolument rien de ce qui s’y passe et des relations entre les différentes personnages, nous vous conseillons de vous arrêtez à la conclusion sur l’ordre optimum à suivre : IV, V, II, III, VI, VII. Si vous connaissez déjà Star Wars et souhaitez avoir nos explications, vous pouvez continuer votre lecture.

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C’est un débat qui n’aura peut-être plus lieu d’être après la fin de la troisième trilogie Star Wars, mais qui reste vif dans la communauté des fans de l’univers créé par George Lucas. Dans quel ordre faut-il regarder ou faire découvrir les six épisodes qui composent la saga de la famille Skywalker, alors que la deuxième trilogie (dite « prélogie ») racontait le début ? Comment inclure les épisodes « stand alone » ? A priori, deux options s’opposent :

  • L’ordre de sortie au cinéma (IV, V, VI, I, II, III, VII) : L’intérêt est alors de conserver intacte l’œuvre scénaristique de George Lucas en laissant le spectateur (re)découvrir les événements tels qu’ils ont été présentés au fur et à mesures des années dans les salles. La trilogie d’origine d’abord, la prélogie ensuite, la nouvelle trilogie enfin.
  • L’ordre des épisodes (I, II, III, IV, V, VI, VII) : L’intérêt est ici de suivre les événements dans un ordre logique qui commence par l’enfance d’Anakin Skywalker et se termine par son retour dans le Côté Clair de la Force. C’est l’ordre que George Lucas souhaiterait que l’on suive.

Mais aucune de ces deux solutions n’est parfaite. Suivre l’ordre des épisodes ruine totalement la surprise de l’Empire Contre-Attaque qui nous apprend que Luke est le fils de Dark Vador. Ceux qui ont la chance de découvrir Star Wars sans rien savoir de l’histoire gardent tous un souvenir ému de cette révélation qui est le véritable climax de la trilogie d’origine. C’est l’une des surprises les plus importantes de toute l’histoire du cinéma et vous la gâcheriez en regardant d’abord la prélogie qui vous explique que la petite tête blonde d’Anakin a fini par occuper le casque noir du maléfique Vador. Vous empêcheriez ça :

Mais d’un autre côté, suivre l’ordre de sortie au cinéma n’est pas non plus exempt de problèmes. Et c’est surtout la faute de George Lucas, depuis les rééditions qui ont intégré un visage qui n’est connu que par la prélogie. Imaginez en effet que vous regardez la trilogie d’origine et que paf, d’un coup, à la fin du Retour du Jedi, une tête totalement inconnue apparaît à côté de Yoda et Obi Wan Kenobi. « C’est qui ce gars, qu’est-ce qu’il vient faire là ? ».

Par ailleurs, même pour ceux qui apprécient sa réalisation, la prélogie est d’une qualité scénaristique très moyenne et il reste le problème d’enchaîner les trois épisodes qui ne racontent pas quelque-chose chose d’intéressant et de palpitant lorsque l’on sait déjà comment se finit l’histoire.

En plus, l’annonce d’une nouvelle trilogie qui prolonge directement l’histoire des épisodes IV, V et VI et de films « stand alone » comme Rogue One nous donne de nouveaux défis.

Donc que faire ?

Star Wars : l’ordre à la machette

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Pour aller droit au but, l’idéal est de regarder les films dans cet ordre :

  • Star Wars IV : Un Nouvel Espoir
  • Star Wars V : L’Empire contre-attaque
  • Star Wars II : L’attaque des clones
  • Star Wars  III : La revanche des Sith
  • Star Wars VI : Le Retour du Jedi
  • Star Wars VII : Le Réveil de la Force

Vous aurez sans doute déjà remarqué qu’il manque un épisode dans cet « ordre à la machette ». Peut-être qu’il redeviendra intéressant avec les trois futurs épisodes qui nous expliqueront l’intérêt d’avoir foutu en l’air le côté mystique de la Force avec une histoire de prise de sang pour tester le niveau midichloriens. Mais en l’état actuel de la saga, l’épisode I ne sert strictement à rien.

Les personnages présentés meurent tous à la fin (Dark Maul, Qui-Gon Jinn, le chancelier Valorum), sont secondaires (Watto, Nute Gunray) ou sont développés surtout dans les épisodes suivants (Mace Windu, Dark Sidious). L’intrigue elle-même n’est pas indispensable pour comprendre et apprécier l’histoire principale.

En plus l’épisode I nous présente un Anakin Skywalker enfant qu’on n’arrive pas à s’imaginer un jour en couple avec la jeune adulte responsable qu’est déjà Padme, ni même amoureux d’elle. La Menace Fantôme fait passer les Jedi non pas pour des sages mais pour des diplomates armés chargés de négocier des problèmes de droits de douane. Et l’épisode invente cette histoire d’immaculée conception qui ne sert strictement à rien.

Et puis accessoirement, écarter l’épisode I c’est aussi dire au revoir à Jar-Jar Binks, le personnage le plus controversé de l’œuvre.

Par ailleurs et contrairement à ce que voudrait George Lucas, Anakin Skywalker n’est pas le personnage le plus intéressant de Star Wars. Son histoire de chute dans le côté obscur à cause d’une passion amoureuse tragique et de sa rédemption finale ne devient vraiment intéressante qu’à la toute fin lorsqu’il choisit de tuer l’Empereur pour sauver son fils. Il n’est finalement que la représentation du sort de la Galaxie qui doit choisir son destin.

30 ans plus tôt…

L’intérêt de modifier l’ordre est donc de remettre le personnage le plus intéressant, Luke Skywalker, au centre de l’ensemble des six épisodes. En interrompant le déroulé de l’histoire juste après l’Empire contre-attaque, on s’arrête après la découverte par Luke qu’il est le fils de Dark Vador, et que Kenobi lui a menti (d’un certain point de vue). On fait alors un flash-back avec les deux épisodes principaux de la prélogie pour montrer comment ce père que l’on croyait mort est tombé dans le côté obscur, avant de voir enfin comment Luke devra lui aussi choisir son destin face à l’Empereur, dans un Retour du Jedi qui devient plus excitant que jamais.

De plus l’Empire contre-attaque s’arrête sur un énorme cliffhanger avec Han Solo plongé dans la carbonite, et l’on se garde deux épisodes avant de savoir enfin ce qu’il devient. Suspense !

Star Wars
Note : Vous pouvez bien-sûr aussi réintégrer l’épisode I au flash-back si vous y tenez, mais vous risquez alors de rendre improbable voire dérangeante la relation amoureuse qui se noue dans l’Épisode II, alors que celle-ci est totalement crédible lorsqu’on ignore le petit garçon qu’était Anakin dans le désert de Tatooine.

Le caractère soudainement insolent et avide de pouvoir qu’est Anakin Skywalker s’explique mal après le premier épisode, alors qu’il fait partie du personnage pour qui le découvre comme tel dans l’épisode II. On parvient enfin à croire dans l’Anakin incarné par Hayden Christensen quand on ne connaît rien du petit blondinet qu’il était, inventif, naïf et heureux de piloter des pods.

Avec cet ordre à la machette, toutes les grandes surprises des films sont préservées voire enrichies. On ne sait pas que Dark Vador est le père de Luke. On ne sait que la petite créature verte perdue dans les marais est maître Yoda. On ne sait pas que Yoda a connu Anakin. Et l’on ne sait pas forcément que le Sénateur Palpatine est en réalité Darth Sidious et qu’il va devenir l’Empereur (ce dernier n’est visible qu’à travers un hologramme dans l’Empire contre attaque), même s’il est possible de le savoir avec un visionnage attentif.

L’ordre à la machette cache également jusqu’à l’épisode III (donc le quatrième que vous regarderez) le fait que Luke et Leia sont frères et sœurs, ce qu’on apprend quand Padme nomme les jumeaux — c’est même une surprise plus grande que dans Le Retour du Jedi où l’on a tendance à deviner avant la confirmation. Si au contraire vous regardez dans l’ordre chronologique des épisodes, vous savez que Luke et Leia sont jumeaux avant même de les rencontrer. Surprise ruinée.

jumeaux

La seule chose réellement gênante avec l’ordre à la machette est la disparition de toute explication sur l’origine sociale d’Anakin. On ne sait pas que sa mère est esclave sur Tatooine, ce qui ne permet pas de comprendre les visions qu’il a de sa mère mourante et son envie d’aller la libérer. La « prophétie » qui voudrait qu’Anakin soit celui qui doit apporter l’équilibre à la Force disparaît également, mais ça n’a finalement que peu d’impact sur l’histoire. Enfin, on ne sait pas non plus qu’Anakin a construit C3-PO.

La confrontation des choix des Skywalker

Mais dans cet ordre, le spectateur peut finalement découvrir l’épisode VI avec une tension renforcée. Ce réarrangement va permettre de mettre parfaitement en évidence le fait que Luke est malgré lui en train de suivre son père sur le chemin du Côté Obscur, puisque la majorité des actions et des décisions que prendra Luke dans l’épisode VI a déjà été vue dans les épisodes I, II et III, vu juste avant.

  • La première fois que Luke apparaît à l’écran dans Jedi, il est vêtu de noir, la couleur portée par Anakin dans les épisodes II et III ;
  • Il est à moitié masqué par la capuche de sa robe de bure, ce qui lui donne une ressemblance frappante avec Dark Sidious. De plus, lorsqu’il rentre dans le palais de Jabba, la luminosité de l’extérieur donne un effet de contre-jour troublant : est-ce Luke qui approche ou bien Vador ?
  • Il utilise la Force pour neutraliser des gardes du palais de Jabba le Hutt, tout comme Dark Vador l’a fait dans les épisodes IV et V (qui ont été vus en premier) ou Anakin dans l’épisode III dans son duel avec Obi-Wan.
  • Il menace Jabba, en lui conseillant vivement de coopérer en libérant ses amis sous peine d’être détruit. S’il coopère, il peut en tirer profit. Qui d’autre hormis un seigneur Sith s’exprime ainsi ?
  • Il essaie de corrompre Jabba en lui offrant ses deux droïdes, R2-D2 et C-3PO et de lui rappeler en même temps de ne pas sous-estimer ses pouvoirs. Cette phrase a été prononcée par Anakin, alors corrompu, peu avant son duel avec Obi-Wan.
  • Luke tranche la main de Vador lors de la confrontation finale. Tout comme Vador a sectionné la main de Luke dans l’épisode V. Mais surtout, comme Anakin a coupé la main de Mace Windu dans l’épisode III.

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Bref, on comprend mieux que le jeune Luke est sur une pente dangereuse qui ressemble dramatiquement à celle prise des années auparavant par son père, alors jeune homme plein d’ambition. Il n’a pas l’attitude d’un Jedi. Il est en train de glisser lui aussi vers le Côté Obscur. Cette sensation apparaît clairement en voyant d’abord la prélogie puis l’épisode VI.

Bien sûr, même en regardant la saga dans l’ordre de sortie (IV, V, VI, I, II, III), le dérapage moral de Luke est perceptible. Mais son impact sur le spectateur est limité, puisque le parallèle ne peut être fait correctement du fait de la position des différents films. Le dérapage de Luke survient assez tôt (dès le troisième film diffusé), tandis que celui d’Anakin se passe tardivement (au moment des deux derniers films vus).

Avec l’Ordre à la Machette, on voit d’abord Obi-Wan entraîner Luke puis juste après, au moment du flashback, on voit que le Jedi s’occupait déjà de son père auparavant. Avec les résultats que l’on sait. Le lien entre Anakin et Luke en ressort renforcé, ce qui est une excellente chose puisque le flashback doit justement nourrir le coup de théâtre appris à l’épisode V et amorcer un épisode VI dantesque.

L’épisode VI, l’ancienne conclusion

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Car l’épisode VI a cet objectif : croiser les destins de Luke et d’Anakin dans un même long-métrage. À la fin de l’épisode VI, Luke défie l’Empereur. Celui-ci cherche à le briser, en lui expliquant que l’attaque de l’Alliance sur la nouvelle Étoile Noire est vaine. C’est un piège (« it’s a trap ! ») destiné à éradiquer une bonne fois pour toute la rébellion.

Certes, Luke résiste un temps aux provocations de Palpatine, qui lui glisse que ses amis vont bientôt mourir, qu’il ferait mieux de le terrasser tout de suite en empoignant son sabre-laser et mettre fin à ce carnage. Il s’agit de créer une tension au cours de laquelle Luke pourrait basculer du Côté Obscur de la Force.

En retournant de la prélogie vers la fin de la trilogie, le spectateur a pu voir récemment ce qu’il s’est passé avec le père de Luke, qui lui aussi essayait de sauver son être aimé, Padmé, craignant de la voir mourir.

Autrement dit, on a d’abord Anakin Skywalker qui est poussé à utiliser ses pouvoirs pour sauver Padmé dans l’épisode III. Et juste après dans l’épisode VI, l’Empereur Palpatine essaie à son tour de pousser le fils à faire de même pour sauver ses amis, en le provoquant et en prédisant leur mort. Bien plus prenant.

Maintenant que l’épisode VII est sorti et que la nouvelle trilogie se profile, il va sûrement falloir intégrer ces épisodes dans cette réinterprétation de la trame narrative — dans la mesure où l’épisode VI n’est plus une conclusion, mais une ouverture. Nous vous conseillons dès lors, pour l’instant, de garder l’épisode VII où il se trouve dans l’histoire : après l’épisode VI. Nous verrons où placer la nouvelle trilogie une fois qu’elle sera terminée.

La question des Star Wars Stories

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Rogue One, qui sort le 14 décembre 2016, est la première histoire intégrée dans l’univers étendu de la saga. À quel moment faut-il la regarder ? Si vous souhaitez conserver une chronologie des événements, il faut savoir que l’histoire se situe juste avant l’épisode IV, en pleine rébellion.

Il serait donc avisé de regarder le film entre l’épisode III et l’épisode IV. Cela dit, contrairement au « canon », Rogue One est un long métrage qui se tient de bout en bout et qui n’appelle pas à une suite. Cela signifie que vous pouvez l’exclure d’un marathon ou le regarder à la toute fin de la diégèse, comme une sorte de bonus.

Article mis à jour le 1er décembre 2016.

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