Lors d'une audition devant le Congrès portant sur l'ingérence numérique russe dans la campagne présidentielle américaine de 2016, Twitter, Facebook et Google ont reconnu avoir sous-estimé l'ampleur du problème. Si Twitter s'est engagé à ne plus accepter de publicités politiques financées par des acteurs étrangers, Facebook et Google ont botté en touche.

Pour l’une de leurs premières auditions au Congrès, au sujet de la campagne d’influence russe menée par le biais de publicités ciblées pendant la dernière élection présidentielle américaine, les représentants légaux de Facebook, Twitter et Google partiellement reconnu leurs torts. Sans pour autant s’engager fermement à ne plus répéter leurs erreurs, comme le rapporte Yahoo News.

Le sénateur démocrate Al Franken s’est ainsi étonné de voir Facebook accepter au total 100 000 dollars (payés en roubles) pour la diffusion de 3 000 publicités de nature politique sur la plateforme (et sur Instagram) entre janvier 2015 et août 2017, sans s’interroger sur leur provenance : « Comment Facebook, qui se vante d’être capable de traiter des milliards de données pour les transformer en liens personnels vis-à-vis de ses utilisateurs, n’a-t-il pas réussi à faire le lien entre ces publicités [politiques] payées en roubles et leur provenance de Russie ? »

Face à cette charge, Colin Stretch, directeur juridique du réseau social aux 2 milliards d’utilisateur, a simplement reconnu la défaillance de la plateforme : « Avec le recul, nous aurions dû voir plus large. Nous avons manqué certains signaux. »

CC Spiros Vathis

Twitter se distingue de Facebook et Google

Mais quand on leur demande si ces dérives les amèneront à ne plus accepter des sommes venues de financeurs étrangers pour financer des publicités à caractère électoral — – comme leur interdit la loi fédérale –, deux des trois géants bottent en touche.

Ainsi, quand Al Franken a tenté de savoir, par une réponse claire en « oui » ou « non », si les trois géants du web allaient s’engager à ne plus accepter de telles devises, Facebook s’est contenté d’indiquer que le paiement en devise étrangère est « un signal [d’alarme] mais qui n’est pas suffisant », rappelant qu’une devise n’est pas forcément représentative de l’identité réelle de l’acheteur.

Google, représenté par Richard Salgado, a adopté la même approche, expliquant qu’il lui faudrait vraiment un « signal » fort sur l’illégalité de l’achat pour y mettre fin, là où Sean Edgett, directeur juridique de Twitter, été le seul à répondre clairement par l’affirmative.

L’attitude de Google et Facebook leur a valu un rappel cinglant du sénateur Al Franken : « Vous savez que les étrangers n’ont pas le droit de dépenser de l’argent lors de nos campagnes [électorales]  ? »

Partager sur les réseaux sociaux