Comme attendu en Russie, une sanction de 800 000 roubles a été retenue contre Pavel Durov et sa messagerie sécurisée Telegram. Ce dernier compte faire appel car il estime la demande des services secrets inconstitutionnelle.

La justice russe s’est exprimée ce lundi contre Telegram dans le conflit qui l’oppose au FSB, les services secrets russes. Le FSB exige en effet de la messagerie qu’elle déchiffre et remette les conversations de ses utilisateurs russes.

Cette demande a été refusée par Telegram qui ajoute, par la voix de Pavel Durov, son fondateur, que cette exigence est techniquement impossible. La messagerie étant chiffrée de bout en bout, les clefs n’appartiennent pas au service, mais aux utilisateurs.

Le blocage n’est pas exclu

Mais le gouvernement et la justice n’ont pas voulu céder face à la résistance de la messagerie chiffrée. Au terme du procès qui se tenait ce lundi 16 octobre, le tribunal a retenu l’amende prévue par la loi anti-terroriste à l’encontre de Durov, soit 800 000 roubles (plus de 11 000 €).

Toutefois, M. Durov a déjà fait savoir sur sa page VK qu’il compte faire appel de la décision du tribunal moscovite. Considérant la demande du FSB anticonstitutionnelle, le fondateur de VK et Telegram se prépare à défier la nouvelle législature concernant les télécommunications en justice.

Siège du FSB

Toutefois, le temps reste compté pour Telegram : l’amende et la peine décidée par le tribunal ouvrent une période d’incertitude pour l’application.

D’ici à la fin novembre, si le Roskomnadzor, l’agence russe de surveillance télécommunications, considère qu’aucune discussion ne peut aboutir avec l’entreprise, le service pourra être définitivement bloqué dans la Fédération. M. Durov espère quant à lui réunir la meilleure équipe d’avocats pour contrer l’assaut gouvernemental contre le chiffrement.

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