Avant de devenir directeur de campagne de Donald Trump, Stephen Bannon, alors rédacteur en chef du site ultraconservateur Breitbart News, envisageait de faire « infiltrer » Facebook par l'un de ses proches.

Pendant la campagne présidentielle américaine de 2016, la Russie n’était visiblement pas la seule intéressée à l’idée de « détourner » Facebook. Comme le révèle BuzzFeed, Stephen Bannon, l’ex-conseiller spécial de Donald Trump depuis revenu au sein du média nationaliste et ultraconservateur Breitbart News en tant que président exécutif, était prêt à infiltrer le réseau social de Mark Zuckerbeg.

Le 1er août 2016, alors qu’il est encore simple rédacteur en chef de Breitbart News — il deviendra le directeur de campagne de Donald Trump une dizaine de jours plus tard –, Stephen Bannon échange plusieurs mails avec Chris Gacek, membre du Family Research Council, une organisation conservatrice anti-avortement également connue pour son opposition aux droits de la communauté LGBT.

Chris Gacek lui fait part d’une stratégie singulière : « Il y a [une annonce à Washington] pour un poste de responsable du code de conduite au sein de la division [WhatsApp]. LinkedIn m’a envoyé une notification au sujet des postes ouverts. Ça me semble parfait pour que Breitbart puisse inonder la zone avec des candidats de tout type qui pourront te transmettre, ainsi qu’à Milo, ces informations sur le processus de recrutement chez Facebook. »

CC Michael Vadon

Facebook, une cible politique stratégique

Une suggestion que Stephen Bannon s’empresse de transférer à l’intéressé, Milo Yiannopoulos, responsable de la tech chez Breitbart. Mais au fil des échanges, l’un des intervenants mis dans la boucle ne cache pas ses doutes : « Ça semble compliqué de le faire discrètement sans qu’ils nous repèrent. »

En l’absence de plus d’éléments concrets comme de réponse de Stephen Bannon ou de ses contacts, BuzzFeed admet ignorer si ce scénario a dépassé le stade du simple échange de mails ou s’il a porté ses fruits.Toutefois, cette stratégie illustre le rapport ambivalent de la frange ultraconservatrice américaine avec Facebook, considéré comme le porte-étendard des valeurs de gauche de la Silicon Valley et parallèlement comme un formidable outil pour diffuser ses propres idées.

Le réseau social, confronté aux critiques sur le phénomène des bulles de filtrage, comme sur son rôle supposé dans la victoire de Donald Trump, apparaît surtout comme une plateforme de plus en plus convoitée par tout groupe d’influence, comme le montre le scandale des publicités ciblées russes.

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