Deux décisions de justice rendues en août par des magistrats australiens ouvrent la voie au blocage de plusieurs dizaines de sites accusés de favoriser le téléchargement illégal de contenus protégés par le droit d'auteur.

Voilà certainement deux jugements que l’industrie du divertissement aimerait bien voir appliquer en France, avec l’espoir de porter un coup décisif aux sites accusés de favoriser le piratage de contenus culturels. En Australie, deux magistrats ont en effet rendu chacun rendu une décision dans laquelle les principaux fournisseurs d’accès à Internet du pays ont l’obligation de bloquer plusieurs dizaines de sites.

Plateformes pour voir des films et des séries en streaming, sites de liens BitTorrent permettant des échanges en pair à pair entre internautes ou encore hébergeurs spécialisés offrant la possibilité de télécharger des contenus sur l’ordinateur… la liste des adresses à bloquer est longue et variée puisqu’elle inclut des grands noms de la scène du piratage mais aussi des alternatives moins connues.

Dizaines de sites

On retrouve ainsi The Pirate Bay, Demonoid, 1337x, EZTV, Rarbg, YTS ou encore Putlocker (une bonne partie est inscrite dans la liste noire des sites pirates établie par Washington), ainsi que Torlock, YesMovies, Vumoo, Gomovies, Fmovies et LosMovies. En tout, rapporte Torrentfreak, la première décision de justice cible 41 sites tandis que la seconde porte sur 17 autres.

Mais du fait de l’existence d’adresses alternatives pour accéder à certains de ces sites web (leurs gérants ayant parfois acheté plusieurs noms de domaine pour offrir d’autres voies d’accès en cas de blocage de certains d’entre eux par les opérateurs), ce sont pas moins de 160 adresses que vont devoir bloquer les fournisseurs d’accès australiens concernés par l’action en justice des ayants droit.

Avec ce double jugement survenu peu après la mi-août, le nombre total de domaines bloqués en Australie au nom de la lutte contre le piratage des contenus culturels atteint désormais 340, rapporte la BBC. Une nouvelle vague de blocage qui coïncide avec la mise en place d’une nouvelle campagne anti-piratage en Australie, fait remarquer le journal local Sydney Morning Herald.

Le site Demonoid.

La lutte contre le piratage est un sujet ancien en Australie. En 2008 par exemple, le pays a observé ce qui était mis en œuvre en France pour combattre l’échange illicite d’œuvres culturelles, notamment en contraignant les opérateurs à se transformer en shérifs du droit d’auteur pour avertir et de suspendre les lignes de leurs abonnés s’ils sont pris en flagrant délit de téléchargement à plus de deux reprises.

Mais si le dispositif de la riposte graduée s’est exporté dans d’autres pays, il n’est parvenu à s’implanter en Australie. La stratégie anti-piratage a depuis évolué, avec des campagnes de sensibilisation (incluant notamment un fameux questionnaire pour aider les internautes à savoir s’ils sont des pirates ou non) et des actions de blocage et de filtrage au niveau des fournisseurs d’accès.

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