Le « farceur » de la Maison Blanche vient de réussir son coup : un Britannique a dévoilé différents échanges de mails avec des figures emblématiques de l'administration Trump. Il a réussi à se faire passer pour leur collègue et leur soutirer des noms d'oiseaux... en quantité.

Pas peu fier de son coup, le « prankster » de la Maison-Blanche, est en fait un Britannique très taquin. L’homme est en effet parvenu à flouer différentes personnalités très en vue de l’administration Trump. Grâce à des mails, l’Anglais a réussi à installer l’idée qu’il était lui-même un collègue accrédité de l’administration. Une prouesse délicieuse qui enchante la presse américaine, jamais rassasiée d’histoires de mails au sommet de l’État.

Une chouette soirée à la Maison-Blanche

Ainsi, l’internaute va se faire passer pour Jared Kushner auprès de Tom Bossert, conseiller à la sécurité intérieure. Il écrit : « Tom, nous préparons une sorte de soirée en vue de la fin août. Ça serait super si tu pouvais l’organiser, je te promets de la nourriture d’une qualité au moins comparable à ce que nous mangions en Irak. Ça sera une chouette soirée.  »

CNN

Trop gros pour être crédible ? Pourtant, Bossert répond à Bush (le prankster) : « Merci Jared. Avec une telle promesse, je ne peux refuser. Par ailleurs, si jamais vous en aviez besoin, voici mon email personnel…  » CNN qui s’est procuré l’email en question a pu l’authentifier : il s’agirait bien d’une réponse du conseiller de la Maison-Blanche.

À la chaîne d’infos américaine, le farceur britannique a expliqué qu’il s’était concentré sur le côté humoristique de son opération.  Pourtant, la facilité avec laquelle il a pu échanger avec des personnalités à la tête d’un État a de quoi inquiéter quant à la cyber-sécurité au sommet de l’administration Trump. John Podesta, malheureux directeur de la campagne Clinton, avait été attaqué grâce à une technique semblable.

Très provocateur et doté d’un flair qui aujourd’hui est manifeste, le Britannique a également réussi à duper Anthony Scaramucci, renvoyé ce lundi soir de la Maison-Blanche après seulement dix jours à son poste. En singeant une adresse qui devrait appartenir à un autre déchu de l’administration, le mystérieux Reince Priebus, l’Anglais a atteint Scaramucci et son ego.

Scaramucci s’énerve et se dévoile

Le faux Priebus écrit donc : « Je me suis promis de partir avec les mains propres. Mais la lecture de votre tweet d’aujourd’hui, qui expliquait « bientôt nous apprendrons qui dans les médias a de la classe et qui n’en a pas » me pousse à vous écrire. Ce tweet est incroyablement hypocrite, même pour vous. À aucun moment vous n’avez agi d’une manière, de près ou de loin, élégante, et pourtant, vous croyez qu’il s’agirait d’un standard sur lequel tout le monde devrait s’aligner à votre égard ? Général Kelly fera du bon travail. J’admets même qu’il fera un meilleur travail que moi. Mais la façon dont cette transition se déroule est diabolique. Et blessante. Je ne m’attends pas à une réponse.  »

Anthony Scaramucci, Salt Conference
CC. Wikimedia

Le vrai Scaramucci est stupéfait par le toupet de cet ex-collègue. Le Républicain rétorque alors : « Vous savez ce que vous avez fait. Nous le savons tous. Encore aujourd’hui. Mais soyez assuré, nous sommes préparés. Un Homme se serait excusé.  » Le Britannique comprend qu’il vient d’ouvrir une brèche dans l’administration et que le mépris profond des uns envers les autres lui permettrait d’obtenir plus encore de Scaramucci. Il continue donc de maintenir la duperie : « Je n’arrive à croire que vous questionnez mon éthique. Le bien nommé « Mooch » qui ne parvient même pas à tenir une semaine à la Maison-Blanche sans laisser de drame derrière lui. Je n’ai pas à m’excuser pour cela.  »

« Vous savez ce que vous avez fait. Nous le savons tous. Encore aujourd’hui. »

Le pas-encore-limogé Scaramucci, piqué, tente de conclure son altercation avec le faux Priebus : « Lisez Shakespeare. En particulier Othello. Vous y êtes. Ma famille va bien par ailleurs, et prospérera. Je sais ce que vous avez fait. Je ne répondrai plus.  »

Mesquin, le farceur a récidivé ses duperies avec Jon Huntsman Jr., ambassadeur américain en Russie. Dans un premier temps, l’Anglais a réussi à se faire passer pour l’ambassadeur pour tirer à Scaramucci le nom de « deux têtes que vous voulez voir rouler  » Le Républicain glisse par ailleurs : Priebus et Bannon. Ensuite, en mimant Eric Trump, l’internaute a réussi à duper Huntsman Jr, en lui conseillant d’organiser —  pour répondre à Poutine — une session photo célèbre : « Peut-être pourrions-nous mettre papa sur un cheval, sans le haut, jouant au Poutine ! Il est en meilleure forme que ses costumes ne le montrent.  »

Le farceur a terminé son tour de force en publiant l’ensemble des discussions frauduleuses qu’il a eu avec l’administration sur un compte Twitter dédié, @Sinon_Reborn. Il s’y décrit comme un « lazy anarchist ». En juin dernier, il faisait subir la même humiliation aux deux CEO de Goldman Sachs et Barclays, qu’il dupait de la même manière.

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