L'Estonie a trouvé une solution « techplomatique » pour protéger ses données. Le pays de l'Est va ouvrir une ambassade au Luxembourg pour héberger l'ensemble de son système informatique gouvernemental, au cas où.

Les gouvernements du monde entier sont face à un dilemme concernant leurs données : pour que les règles nationales s’appliquent, elles doivent être localisées sur leur territoire. Or concentrer ses données et ses systèmes sur un seul territoire, c’est, pour le cas de l’Estonie, également prendre le risque d’être vulnérable aux attaques.

Ambassade des données en zone neutre

L’Estonie et son approche ouverte des nouvelles technologies penche en effet sur une solution de secours pour délocaliser ses serveurs : l’ambassade des données. En effet, le pays a signé récemment un traité avec le Luxembourg pour ouvrir un data-center « ambassade » sur le sol luxembourgeois. Ainsi, le pays de l’est européen peut appliquer ses lois et règles dans une zone limitée du Grand Duché.

Accord entre l’Estonie et le Luxembourg pour une ambassade des données

En plus d’un nouveau territoire pour accueillir les données de ses administrations, l’Estonie trouve également au Luxembourg une solution à une des plus grandes angoisses des dirigeants nationaux : une cyber-attaque de la Russie. En mauvais termes avec la Fédération, le membre de l’Union Européenne cherche depuis déjà quelques années une solution de repli informatique en cas d’attaque russe.

Dans le cas d’un problème d’infrastructures majeur dans le pays, à la suite d’une attaque par exemple, l’Estonie serait particulièrement fragilisée puisque le régime est la première administration complètement dématérialisée de l’Union Européenne. C’est donc dans un bunker numérique luxembourgeois que pourront se réfugier les données estoniennes. En échange, le pays a accepté que le Grand Duché puisse également héberger des données en Estonie.

Cette collaboration techplomatique intervenait à la veille du conseil européen où les premiers ministres de deux pays ont loué leur initiative.

À lire sur Numerama : L’Estonie veut se réfugier dans le cloud en cas d’invasion russe

À lire sur Numerama : Comment devenir «  e-résident  » estonien en quelques clics

Partager sur les réseaux sociaux