Google signale qu'au deuxième semestre 2016, la France a réclamé des informations sur 5 738 comptes ou utilisateurs, ce qui fait du pays le 3e au monde à demander le plus de données. C'est un record.

Google actualise son rapport de transparence. Mis en place par la société américaine il y a quelques années pour rendre compte, à travers une série de statistiques, des requêtes qu’il lui faut traiter à la demande des autorités administratives et judiciaires du monde entier, il intègre cette fois les sollicitations survenues pendant le second semestre 2016. Et une fois encore, la France s’est distinguée par un record.

Ainsi, à l’exception du deuxième semestre 2014, les autorités françaises ont toujours demandé plus à Google. Et cela fait six ans que la firme de Mountain View met à jour, deux fois par an, son rapport. Les six derniers mois de l’année dernière ne dérogent pas à cette règle : il y a eu 5 738 comptes / utilisateurs qui ont été pris pour cible sur la période de référence, contre 5 185 début 2016.

Mais une demande formulée ne veut pas dire une requête satisfaite. Chaque dossier est en effet examiné au cas par cas et Google en rejette certaines. Mais force est de constater que sur le temps long la tendance est plutôt à la hausse. Plus de 6 demandes de renseignement sur 10 sont désormais approuvées, contre 5 quelques mois plus tôt et 4 il y a quelques années.

« Avant de communiquer des données en réponse à une demande gouvernementale, nous nous assurons qu’elle respecte la loi, ainsi que le règlement de Google. Nous informons les utilisateurs à propos des demandes judiciaires s’il y a lieu, sauf si la loi ou l’ordonnance d’un tribunal nous l’interdisent », rappelle Google. « Par ailleurs, si nous estimons que la portée d’une demande est trop large, nous tentons de restreindre celle-ci ».

Dans le détail, ces 5 738 comptes / utilisateurs ont été visés par 4 775 procédures. La majorité (4 757 pour 5 709 comptes) concerne des demandes d’informations concernant un utilisateur (ordonnance du tribunal ou tout autre acte de procédure) issues d’une autorité. Dans ce cas-là, Google explique avoir accédé aux requêtes dans 63 % des cas.

Le reste est composé de demandes de divulgation en urgence (procédure visant à sauver la vie d’une personne en danger ou à empêcher toute atteinte corporelle grave) pour 29 comptes visés par 18 procédures (56 % des demandes ont été approuvées), et de requêtes de conservation (venant d’une autorité administrative pour lui laisser le temps d’obtenir un acte de procédure lui permettant d’exiger la divulgation de ces informations) pour deux cas de figure.

Au niveau international, la France se classe au 3e rang des pays qui ont envoyé le plus de demandes de renseignement sur les utilisateurs, derrière les États-Unis et l’Allemagne. L’hexagone se place en 4e place pour le nombre d’utilisateurs / comptes visés, toujours derrière les mêmes pays ainsi que l’Inde. De façon générale, la France est régulièrement dans le top 5, voire le top 3.

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