Au second semestre 2016, les autorités françaises ont demandé moins d'informations à Twitter sur ses membres. Mais elles ont appelé à énormément plus de suppressions de contenus.

Au cours du second semestre 2016, les autorités françaises ont un peu moins sollicité Twitter pour obtenir des renseignements sur certains utilisateurs du réseau social. Le dernier rapport de transparence du site communautaire, rendu public mardi 21 mars, montre en effet que la décrue se poursuit après le pic survenu fin 2015, provoqué par les attentats du 13 novembre.

Alors que Twitter dénombrait 866 comptes dans le viseur des autorités françaises au second semestre 2015, ils n’étaient plus « que » 572 au premier semestre 2016 et 501 au semestre précédent. Le nombre de requêtes est également en baisse : il est passé au cours de ces trois périodes de temps de 707 à 501.

En revanche, la réponse du réseau social reste à peu près stable : des informations sont communiquées à la France entre 61 et 76 % des cas de figure pour les trois derniers semestres. La tendance est toutefois à la baisse : après le record du premier semestre 2016, où Twitter a accepté de répondre favorablement à 76 % des réquisitions, ce taux est redescendu à 69 %.

Par rapport aux autres pays, la France se classe en quatrième position des nations qui interrogent le plus le site communautaire sur le nombre de requêtes visant des comptes, derrière les États-Unis, le Japon et le Royaume-Uni. Juste derrière se trouve la Turquie. Sur le nombre de comptes visés, la France est en cinquième place, doublée par la Turquie, qui décroche au passage la médaille de bronze.

Au sujet des demandes de suppression de contenus, la trajectoire est toute autre : les rapports successifs émis par Twitter montrent que les autorités hexagonales tentent d’obtenir le retrait de toujours plus de fichiers litigieux : on est passé début 2015 de 32 requêtes ciblant 37 comptes à 1 334 demandes concernant 1 430 comptes fin 2016. Et la hausse a été continue.

Mais une demande émise ne veut pas dire qu’elle finit par aboutir. Les sollicitations venant de France ne sont respectées que dans moins d’un cas que quatre (23 %). Cependant, là aussi, la tendance est globalement à la hausse : Twitter ne suivait que 7 % des requêtes début 2015. Un taux qui est ensuite passé à 19 % le semestre suivant puis à 11 % pour les six mois d’après.

À l’échelle internationale, la France se situe à la deuxième place derrière la Turquie en ce qui concerne le nombre de comptes visés. On notera qu’au second semestre, aucune des demandes n’est venue d’un tribunal : elles étaient toutes issues du gouvernement, à travers ses services administratifs (comme la plateforme Pharos) et ses forces de l’ordre. Exactement comme le semestre précédent.

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Rappelons toutefois que ce « rapport de transparence », dont le nom est trompeur, ne concerne que les contenus supprimés à la demande officielle des autorités des différents pays. Comme toutes les grandes entreprises du web qui publient de tels rapports, Twitter ne dit rien des contenus qu’il a lui-même accepté de supprimer après avoir été signalés par des internautes ou par des autorités locales, de façon plus informelle.

La nouvelle édition de ce rapport de transparence a aussi été l’occasion pour Twitter de lancer une nouvelle rubrique dédiée aux signalements des autorités sur des contenus violant les conditions d’utilisation du réseau social. Une seule ligne est pour l’instant disponible, celle indiquant le nombre de notifications (716) parmi les comptes signalés (5 929) pour apologie du terrorisme.

Ici, Twitter indique avoir pris des mesures dans 85 % des cas.

En la matière, Twitter a considérablement durci son action. L’été dernier, le réseau social avait indiqué avoir fermé 235 000 profils liés au djihadisme. Une politique qui avait été saluée à l’époque par Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’Intérieur.

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