Mardi, Bernard Cazeneuve a présenté Twitter en exemple de bonne coopération dans l'effort de lutte contre la propagande terroriste.

Il avait beaucoup bataillé, avec Manuel Valls, pour que les éditeurs d’applications et de services en ligne fassent montrent de davantage d’esprit de coopération dans la censure des propos pouvant encourager au terrorisme. C’est donc avec une satisfaction non dissimulée que le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve a donné son satisfecit public, mardi matin, à l’annonce par Twitter qu’il avait supprimé 235 000 profils au cours des six derniers mois. Il veut en faire un cas d’école de la coopération possible, y compris contre le chiffrement.

«  Je me réjouis des avancées obtenues, notamment du dispositif mis en place ici-même à Beauvau avec les opérateurs pour obtenir un retrait rapide des contenus à caractère terroriste et d’incitation à la haine, à l’image de l’annonce par Twitter la semaine dernière de la fermeture de 235 000 comptes au contenu incitant au terrorisme au cours des six derniers mois », s’est ainsi félicité le ministre en présentant les conclusion de sa rencontre avec son homologue allemand Thomas de Maizière.

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«  Nous avions amorcé, dès octobre 2014 à Luxembourg, un dialogue avec les opérateurs Internet pour lutter efficacement et au niveau international contre la propagande terroriste sur la toile », a-t-il rappelé.

Bernard Cazeneuve s’était en effet rendu quelques mois plus tard aux États-Unis, au lendemain des attentats de Paris en janvier 2015, pour rencontrer les grands acteurs du Web américain. Manuel Valls lui-même avait appelé à renforcer la censure des contenus pouvant inciter à la violence.

« Nous sommes inquiets par l’utilisation de plus en plus fréquente d’Internet pour alimenter la haine et la violence, et signalons notre détermination à nous assurer qu’il n’est pas fait une utilisation abusive d’Internet à cette fin, tout en veillant à ce qu’il reste, dans le respect scrupuleux des libertés fondamentales, un forum de libre expression, dans le respect total de la loi », avait à l’époque déclaré le Premier ministre. « À cet égard, le partenariat avec les principaux fournisseurs sur Internet est essentiel pour créer les conditions d’un signalement rapide des contenus ».

Depuis, le gouvernement a mis en place un groupe de travail avec Facebook, Twitter, Facebook ou encore Microsoft, qui vise désormais aussi à faire sortir les internautes des bulles filtrantes qui les plongent dans une ambiance idéologique qu’il devient difficile de quitter. La tactique ne consiste plus seulement à supprimer les comptes les plus explicitement djihadistes, mais aussi à mettre en avant d’autres discours, ou à lutter contre les suggestions de comptes à suivre qui, sans être illégaux, poseraient des difficultés idéologiques. Le terrain éthique est toutefois ici beaucoup plus glissant pour les plateformes.

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