Au premier semestre 2016, la France a demandé moins d'informations à Twitter sur ses utilisateurs. Mais les autorités françaises ont demandé énormément plus de suppressions de contenus.

Twitter a publié la nouvelle édition de son rapport de transparence, qui montre que les autorités françaises ont demandé au premier semestre 2016 la communication d’informations personnelles visant 687 comptes. C’est moins qu’au semestre précédent où, certainement en raison des attentats du 13 novembre 2015 qui avaient donné lieu à une vague de plaintes pour apologie du terrorisme, les autorités avaient demandé des données sur 866 comptes.

À la réception de ces demandes, Twitter a accepté de répondre favorablement à 76 % des réquisitions, ce qui est un record.  Jamais le réseau social n’avait jugé viables une part aussi importante de demandes adressées directement par les autorités françaises, qu’il s’agisse de réquisitions administratives ou judiciaires. Un an auparavant, au premier semestre 2015, ces dernières n’avaient demandé des informations que sur 238 comptes, et obtenu satisfaction dans 40 % des cas.

On pourrait y voir la volonté de Twitter de mieux coopérer avec les autorités françaises, mais ce n’est clairement pas le cas au premier semestre 2016 s’agissant des demandes de suppressions de contenus. Alors qu’elles ont littéralement explosé, l’oiseau bleu s’est montré extrêmement prudent.

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Ainsi la France a demandé que des contenus soit supprimés sur 758 comptes, mais Twitter n’a accepté de retirer des tweets ou de suspendre des comptes que dans 11 % des cas. Quatre comptes ont été suspendus à la demande des autorités françaises, et 51 tweets ont été effacés. Toutes les demandes provenaient des autorités administratives, aucune n’ayant été adressée par la voie des tribunaux.

Rappelons toutefois que ce « rapport de transparence », dont le nom est trompeur, ne concerne que les contenus supprimés à la demande officielle des autorités des différents pays. Comme toutes les grandes entreprises du Web qui publient de tels rapports, Twitter ne dit rien des contenus qu’il a lui-même accepté de supprimer après avoir été signalés par des internautes ou par des autorités locales, de façon plus informelle. Or l’action volontaire de Twitter en matière de censure est désormais applaudie même par Bernard Cazeneuve, qui s’est notamment réjoui de la suppression annoncée de 235 000 comptes liés au djihadisme.

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