La préfecture autonome du Bayin'gholin, dans le nord ouest chinois, impose à tous les automobilistes de se doter d'un traqueur GPS. Derrière l'objectif affiché d'une meilleure sécurité sur les routes, les autorités veulent pister les nombreux opposants qui peuplent cette zone à risque.

Dans le nord ouest de la Chine, loin de Pékin, au sein de la province de Bayin’gholin, les autorités ont choisi une méthode radicale pour limiter les dommages d’une circulation routière prétendument dense.

Officiellement, la préfecture autonome mongole de Bayin’gholin, rattachée à la région autonome du Xianjiang, a décidé d’encadrer les automobilistes à l’aide d’un traqueur GPS et de puces RFID obligatoires afin d’assurer «  la stabilité sociale, la sécurité et l’harmonie sur les routes  » comme on peut le lire dans Loulan News, le média propagandiste de la préfecture autonome.

En réalité, cette mesure vise surtout à garder l’œil en permanence sur les autonomistes mongols et autres opposants qui déplaisent aux autorités dans une région plutôt connue pour ses routes peu empruntées.

Steppe de Bayanbulak, CC Wikimedia

Surveillance de masse

Le Bayin’gholin abriterait aujourd’hui plus d’un million d’habitants et malgré le statut autonome de ce territoire connu sous le surnom de Far West chinois, la présence du pouvoir communiste se renforce à mesure que la pression des indépendantistes mongols et les menaces islamistes se renforcent.

Pour surveiller plus activement la population et les flux qui traversent les steppes chinoises, la préfecture autonome a donc décidé d’obliger tous les véhicules parcourant son territoire à se doter d’un traqueur GPS, ce qui lui permet une surveillance permanente. Dans le Seattle Times, on apprend ainsi que tout véhicule refusant de se doter du mouchard ne pourra plus être approvisionné en carburant dans les stations de la région.

Korla, chef-lieu du Bayin’Gholin, CC Wikimedia

Tous les traqueurs GPS installés sur les voitures — que l’on dénombre en milliers — seront reliées au système satellite Beidou, réponse chinoise à l’hégémonie américaine dans les infrastructures de localisation. Les véhicules seront également identifiés dans les stations services grâce à des systèmes de puce RFID, et à chaque instant, les autorités pourront donc connaître les va-et-vient de chacun des automobilistes.

Le régime vise plusieurs cibles, à commencer par les mouvements séparatistes ouïghours. Cette nationalité reconnue par le régime est majoritairement installée dans la région. Turcophones et sunnites, les ouïghours ont toujours été victime de discrimination et de répression de la part du régime de Beijing. Aujourd’hui, leur proximité avec les sunnites frontaliers (Afghanistan, Pakistan etc.) en fait une prétendue menace pour la sécurité chinoise.

Dans le Guardian, les autorités du Bayin’gholin font moins de mystère quant à leurs intentions avec ce dispositif de surveillance massive et précisent : « Il y a une menace sévère qui vient du terrorisme international, et les voitures sont utilisées pour transporter des terroristes ou servir d’armes. Il est donc nécessaire de surveiller et traquer tous les véhicules dans la préfecture.  »

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