Des membres du réseau Tor ont conçu une application mobile intitulée Ooniprobe qui permet de repérer les cas de censure et de bridage de la part de votre opérateur.

Vous vous demandez si votre connexion à Internet est censurée d’une façon ou d’une autre par votre opérateur de téléphonie mobile ? Vous devriez jeter un œil sur Ooniprobe, une application pour Android et iOS qui évalue le blocage éventuel d’une sélection de sites web, tente de détecter une requête HTTP invalide et teste la qualité de votre liaison sans fil.

Ooniprobe a été mis au point par des membres du réseau Tor dans le cadre du projet OONI (Open Observatory for Network Interference), lancé il y a plusieurs années. Sur GitHub, les premières contributions remontent à la mi-octobre 2011, quelques mois avant que soit enclenché un travail de fond pour collecter des millions de mesures et ainsi évaluer toutes les interférences pouvant survenir sur le réseau.

En utilisant Tor, les internautes se protègent bien plus efficacement contre la censure et la surveillance généralisée dans le cas où les fournisseurs d’accès à Internet (FAI) d’un pays sont sous la coupe d’un régime autoritaire. C’est bien pour cette raison que la FSF a choisi de décerner une récompense au projet pour son rôle « d’intérêt social ».

Ooniprobe fournit trois types de test :

  • Le premier consiste à tester la connectivité au web en examinant si l’accès aux sites web est bloqué par une falsification du DNS, par un blocage TCP/IP ou par un proxy HTTP transparent. À chaque réitération du test, l’application sélectionne de nouveaux sites web.
  • Le deuxième essaye de détecter la présence de composants de réseau (« middle box ») qui pourraient être responsables de la censure et de la surveillance.
  • Le troisième sert à mesurer la performance de votre connexion : débit descendant, débit montant, ping, ping moyen, ping maximum, perte de paquets, etc. Bien pratique pour repérer d’éventuelles tentatives de réduction du débit venant de l’opérateur.

Ces trois mesures sont accompagnées à chaque fois d’indications techniques qui renseigneront les utilisateurs en capacité de les comprendre.

ooniprobe
Ooniprobe

Au cours des deux tests successifs que nous avons effectués, nous sommes tombés en premier lieu sur six sites présentant des signes de censure puis deux autres dans le même cas de figure. Différentes explications étaient livrées (connexion réinitialisée, erreur de connexion, réponse HTTP différente ou erreur inconnue) ainsi que des conseils pour essayer d’y échapper (utiliser HTTPS ou Tor).

Des indices, mais pas des preuves

Il faut garder à l’esprit que les résultats obtenus avec l’application Ooniprobe doivent être vus comme des indices sur des tentatives éventuelles de censure et non pas comme des preuves irréfutables sur les agissements de votre opérateur. Les sites marqués en rouge dans l’application peuvent juste être confrontés à un souci technique au moment de l’évaluation.

Il suffit d’ailleurs de vérifier l’accès à un site qui semble inaccessible pour en avoir le cœur net, par exemple en s’y rendant à un autre moment avec un navigateur web

Open source, l’application s’inscrit dans le mouvement de l’Open Data : « OONI publie la totalité des données relatives aux mesures de réseau qu’il collecte et traite parce que l’ouverture des données permet à des tiers de conduire des études indépendantes, de vérifier les constatations d’OONI et de répondre à d’autres préoccupations de recherche », expliquent les gérants du projet.

« Ces données aident également à améliorer la transparence au sujet de la censure du net et des nombreuses formes d’interférence sur le réseau », continue le site.

Parmi les données qui peuvent vous être demandées figurent les informations de votre réseau, le nom de votre pays, votre adresse IP et les rapports en cas de crash de l’application. Des informations parfois sensibles, à l’image de l’adresse IP, mais il est possible de refuser certains transferts dans les paramètres d’Ooniprobe.

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