Le Conseil économique, social et environnemental suggère d'utiliser des étiquettes énergétiques sur Internet pour renseigner les utilisateurs de l'impact que leurs activités en ligne peuvent avoir.

Quand vous achetez de l’électroménager, que vous prenez possession d’un logement ou que vous passez dans le rayon des lampes électriques, l’efficacité énergétique du bien est indiquée sous la forme d’un graphique. Grâce à un affichage mêlant lettres et couleurs, il est possible de savoir d’un rapide coup d’œil si ce que vous envisagez acheter est énergivore ou pas.

etiquette-energieIntroduit au départ pour les appareils électroménagers, le dispositif s’est depuis répandu à d’autres secteurs. L’immobilier, on l’a dit, mais aussi l’automobile. Et si l’étiquette-énergie était déployée sur les réseaux sociaux ? C’est la proposition surprenante que fait le Conseil économique, social et environnemental (Cese). Dans un avis récent que relaie Next Inpact, l’instance propose d’étendre ce mécanisme à la sphère numérique.

C’est dans la rubrique consacrée à la « promotion des usages socialement et écologiquement responsables » que le Cese a avancé son idée, à savoir « publier sur les réseaux sociaux l’étiquette énergétique des différents types de messages », à côté de deux autres recommandations : « assurer une plus grande transparence sur les besoins énergétiques des data centers » et « développer une éco-conception certifiée des outils informatiques nécessaires ».

Le Cese considère qu’un tel affichage aurait le mérite de rappeler à l’internaute que ses activités en ligne ne sont pas neutres au plan environnemental. Son matériel informatique a besoin d’électricité pour fonctionner, tout comme les infrastructures construites par les entreprises pour fournir leurs services. Google, Facebook, Twitter, Amazon et une pléthore d’autres passent par d’immenses centres de données pour faire tourner leurs affaires.

Des serveurs opérés par Facebook.

En conséquence, lorsque l’on écrit un courrier, publie un statut sur Facebook, rédige un tweet ou se balade sur le net, on laisse une empreinte écologique d’une façon ou d’une autre. Et c’est justement l’existence de cette empreinte que le Cese aimerait rappeler à l’internaute, via l’affichage d’une sorte de barème similaire à l’étiquette-énergie.

Reste à savoir si un tel projet pourrait être mis en avant. Outre la question de savoir qui se chargera de procéder à l’évaluation des performances énergétiques, il y a également un autre problème à résoudre : comment évaluer une activité en ligne lorsque les instructions qui lui permettent d’aboutir sont susceptibles de transiter par toutes sortes de serveurs et d’infrastructures, qui ne sont peut-être pas toutes au même niveau en terme d’économie d’énergie et d’utilisation de sources d’énergie renouvelables ?

Comparativement, l’évaluation énergétique d’une lampe, d’un lave-linge ou d’une maison est bien plus simple car tout se passe « au même endroit ». Dans le cas d’un mail ou d’un message sur un réseau social, celui-ci peut être acheminé dans des lieux parfois très distants, être dupliqué et ainsi de suite. Faire un suivi exact de son impact écologique paraît être une tâche bien plus ardue.

La démarche conduite par le Cese illustre en tout cas une prise de conscience croissante que l’informatique et le numérique ont des effets tangibles sur le monde réel, du point de vue de l’environnement. Ce qui est présenté comme étant dématérialisé ne l’est en réalité pas tout à fait. Ou en tout cas pas complètement. Ces problématiques font l’objet depuis plusieurs années d’un suivi de la part d’associations et d’organisations, à commencer par Greenpeace via son rapport annuel sur les politiques environnementales des géants du net.

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