La NSA a détecté un autre agent suspecté d'avoir dérobé des informations confidentielles. Repéré l'an dernier, il travaillait pour une section spéciale de l'agence américaine.

La NSA a beau être spécialisée dans le renseignement, la redoutable agence qui avait défrayé la chronique en 2013 lors de l’affaire Snowden a semble-t-il toutes les peines du monde à surveiller les activités de ses propres employés. En effet, après la prise de conscience d’Edward Snowden en tant que lanceur d’alerte et l’arrestation de Harold T. Martin III, voilà qu’un troisième cas vient d’émerger.

Dans un article publié samedi, le Washington Post raconte qu’un agent de la NSA a été arrêté. Tout ce que l’on sait de lui, c’est qu’il travaillait pour le compte de l’unité TAO (Tailored Access Operations) ; il s’agit d’une division spéciale de la NSA chargée de réaliser, comme son nom l’indique, des « opérations d’accès sur mesure » en piratant des systèmes à distance ou en piégeant du matériel informatique.

L'ouverture d'un paquet Cisco par la NSA.
L’ouverture d’un paquet Cisco par la NSA (division TAO).

Les intentions de cet employé ne sont pas claires. Voulait-il agir lui aussi comme un lanceur d’alerte, à la manière d’Edward Snowden ? Ou était-ce juste une passion coupable, consistant à amasser des données très confidentielles chez lui ? Autre chose ? Au moins, il ne semble pas avoir cherché à transférer les informations en sa possession à une puissance étrangère, ce qui aurait été bien plus grave.

« Cette personne n’est pas soupçonnée d’avoir partagé ces informations avec un autre pays », a commenté pour le journal américain une source officielle mais restée dans l’ombre. C’est pendant l’été 2015 que son comportement anormal aurait été repéré, sans que l’on sache s’il avait été arrêté dans la foulée par les forces de l’ordre ou si une période d’observation avait été décidée pour voir l’étendue de son action.

En tout cas, ce cas a été géré en toute discrétion par l’agence. Son identité n’est pas non plus connue.

4 millions de personnes ont un accès top secret

Cette nouvelle affaire illustre en tout cas la relative dérive que connaît la communauté du renseignement aux États-Unis dans la manière dont elle fonctionne : il y a sans doute trop de personnes qui ont accès à des informations classifiées : on estime que les effectifs de la NSA s’élèvent entre 30 et 40 000 personnes. Et il ne s’agit-là que d’une agence parmi une communauté en comptant seize autres.

Aux USA, le nombre de personnes ayant un accès à des informations top secrètes (le plus haut degré de classification, devant les niveaux Restreint et Secret) atteint… 4 millions de personnes ! Et dans le lot, il y en a environ 500 000 qui viennent du secteur privé via le jeu de la sous-traitance. C’est typiquement le cas d’Edward Snowden et de Harold T. Martin III, qui travaillaient pour Booz Allen Hamilton.

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