Responsable des fuites qui ont permis de révéler l'existence du programme PRISM mis en place par la NSA avec la plupart des géants du web américain, Edward Snowden a décidé de sortir de l'anonymat et de fuir le pays. Il espère obtenir l'asile diplomatique en Islande.

C'est un nom qui pourrait devenir plus célèbre encore que celui de Bradley Manning, le soldat à l'origine de la publication des câbles diplomatiques dans Wikileaks. Edward Snowden, un ancien assistant technique de la CIA et analyste pour la NSA, a décidé de se montrer à visage découvert dans une interview accordée au Guardian. C'est lui qui a révélé à la presse la semaine dernière l'existence du programme PRISM et l'ampleur de la surveillance opérée par la NSA, à ses risques et périls.

Edward Snowden, qui a travaillé pendant quatre ans pour l'agence de renseignement en tant qu'employé détaché du groupe de défense Booz Allen Hamilton, a décidé de fuir les Etats-Unis par peur des représailles suites à ses révélations. Il résiderait actuellement dans un hôtel de Honk Kong, avant d'obtenir, espère-t-il, un asile diplomatique vers un état respectueux des libertés.

"Ma famille ne sait pas ce qui se passe. Ma principale crainte est qu'ils s'en prennent à ma famille, mes amis, ma/mon partenaire. Quiconque avec qui j'ai une relation…", confesse-t-il, dans un scénario digne d'un thriller. "Je vais devoir vivre avec ça pour le reste de mes jours. Je ne pourrai pas communiquer avec eux. [Les autorités]  vont agir agressivement, contre quiconque m'a connu. Ca m'empêche de dormir".

Mais s'il a pris ce risque, c'est parce que "vous n'avez même pas idée ce qu'il est possible de faire", assure-t-il. "L'étendue de leurs possibilités est terrifiante. Nous pouvons implanter des mouchards dans les machines. Dès que vous allez sur le réseau, je peux identifier votre machine. Vous ne serez jamais en sécurité quelles que soient les protections que vous mettrez en place".

"Nous collectons plus de données sur les communications électroniques des Américains que nous ne le faisons des Russes", précise-t-il. "La NSA a construit une infrastructure qui lui permet d'intercepter presque tout (…). Si je voulais voir vos e-mails ou le téléphone de votre femme, tout ce que j'ai à faire est d'utiliser les interceptions. Je peux avoir vos e-mails, mots de passe, appels téléphoniques, numéros de carte bancaire".

Avant de fuir les Etats-Unis, Edward Snowden avait copié les documents de la NSA depuis son bureau de Hawaï. Il a prétendu avoir besoin d'un congé pour un traitement contre l'épilepsie, et s'est envolé vers la Chine, une destination qu'il reconnaît être paradoxale, même si l'histoire britannique de Hong Kong lui confère un statut particulier et une culture plus favorable. "La seule chose que je puisse faire est de m'asseoir ici et d'espérer que le gouvernement de Hong Kong ne me déporte pas… Mon choix de prédilection est de rechercher l'asile dans un pays avec des valeurs en commun. La nation qui les incarne le mieux est l'Islande. Ils se sont dressés en faveur du peuple pour la liberté sur Internet", explique-t-il. En avril dernier, trois députés du Parti Pirate ont été élus au parlement national en Islande, dans un pays où la nouvelle constitution a été rédigée de façon collaborative avec les internautes.

Mais le pays osera-t-il se dresser contre les Etats-Unis pour accueillir un réfugié dont certains parlementaires réclament déjà l'extradition ? Rien n'est moins sûr. 

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