Lors de la présentation des résultats d'Apple, Tim Cook a rappelé que la firme de Cupertino travaillait sur des solutions d'intelligences artificielles efficaces, qui n'obligeraient pas les utilisateurs à abandonner une part importante de leur vie privée.

Il ne fait guère de doute aujourd’hui que l’intelligence artificielle est déjà, et sera de plus en plus, la nouvelle révolution dans l’informatique et ses usages. L’une de ses traductions les plus concrètes est déjà la démocratisation des assistants personnels qui regardent tout ce que nous faisons sur nos ordinateurs ou nos téléphones, et analysent tous ce que nous publions avec eux, En mettant toutes nos données personnelles et professionnelles dans leurs clouds, les entreprises qui conçoivent ces solutions d’intelligence artificielle et qui anticipent de plus en plus nos besoins et nos décisions gagnent un contrôle inédit sur nos vies, qu’il est encore difficile de mesurer.

Mais faut-il pour autant abandonner sa vie privée lorsque l’on veut de l’intelligence artificielle ? À cette question fondamentale dont nous avions décrit à quel point il est aujourd’hui crucial de répondre avant qu’il ne soit trop tard, Apple continue de répondre inexorablement la même chose : « Non ».

Des gens aimeraient vous faire croire qu’il faut abandonner sa vie privée pour que l’IA puisse faire quelque chose pour vous

Alors que certains fragilisent la confidentialité de leurs clients en assurant une main sur le cœur et l’autre sur le porte-feuille qu’ils ne peuvent pas faire autrement s’ils veulent continuer à étendre les fonctionnalités offertes par l’intelligence artificielle à l’avenir, Apple escompte se faire le chantre d’une voie peut-être plus lente, mais plus respectueuse des droits et intérêts de chacun.

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« En ce qui concerne l’équilibre entre la vie privée et l’intelligence artificielle, c’est un long débat, mais à un niveau élevé, c’est un faux troc », a ainsi dénoncé Tim Cook lors de la présentation des résultats en baisse d’Apple. «  Des gens aimeraient vous faire croire qu’il faut abandonner sa vie privée pour que l’IA puisse faire quelque chose pour vous, mais mais nous, nous n’y croyons pas. Cela pourrait demander davantage de travail, ça peut demander plus de réflexion, mais je ne pense pas que nous devrions jeter notre vie privée. C’est un peu comme la vieille dispute entre la vie privée et la sécurité. Vous devriez avoir les deux. Il ne faudrait pas que vous ayez à faire un choix ».

Alors qu’Apple avait été l’un des tous premiers à mettre un assistant vocal dans toutes les poches de ses clients, avec Siri, la firme est désormais dépassée dans ses fonctionnalités par les produits de Google, Microsoft ou même Amazon. Mais Tim Cook fait observer que c’est surtout le cas aux États-Unis, comme s’il voulait rappeler qu’Apple pense davantage en terme de marché mondial, et attendra que ses fonctionnalités soient efficaces pour un maximum de langues et de législations avant de lancer un Siri beaucoup plus évolué.

La réflexion de Tim Cook confirme en tout cas qu’Apple veut se positionner différemment dans les débats sur l’IA, au moment où Facebook, Google Microsoft, Amazon et IBM prétendent organiser et arbitrer les débats sur l’éthique des intelligences artificielles.

La position d’Apple devrait être beaucoup plus proche de celle d’un OpenAI, l’organisation à but non lucratif fondée par Elon Musk pour proposer une IA plus éthique dans le monde. La firme de Cupertino est encore timide dans ses fonctionnalités intelligentes, mais elle a fait de multiples acquisitions (Perceptio, VocalIQ, Faceshift, Emollient, Turi, Tuplejump…) qui devraient lui permettre de développer des IA et des produits associés, sans traiter et croiser nécessairement les données de tous les utilisateurs dans le cloud, mais en respectant la propriété et la maîtrise de chacun sur ses propres données.

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