Le concepteur du système de filtrage chinois, parfois qualifié de « grande muraille numérique », s'est fait avoir par sa propre création. Ironie du sort, il a dû utiliser la même technique que ceux cherchant justement à y échapper.

C’est une histoire qui prête à sourire, tant elle est saugrenue. En Chine, le concepteur de la fameuse « grande muraille numérique », nom donné au système responsable du filtrage de tous les contenus sur Internet que Pékin perçoit comme une menace, s’est retrouvé dans une position tout à fait inconfortable au cours d’une conférence sur la sécurité informatique. En effet, alors qu’il voulait démontrer un point en particulier, il s’est retrouvé lui-même bloqué par cette fameuse « grande muraille numérique ».

L’histoire est racontée par la BBC. Lors d’une explication devant des membres de l’institut de technologie de Harbin (Nord-Est de la Chine), Fang Binxing cherchait à accéder à un site web sud-coréen. Mais au moment de la connexion, impossible pour lui d’atteindre la page désirée. Et pour cause : le système de filtrage qu’il a conçu est intervenu pendant l’établissement de la liaison, bloquant l’affichage de la ressource, qui devait sans doute contenir des mots-clés interdits.

Muraille de Chine
CC Manuel Joseph

Ennuyé par cet incident, Fang Binxing ne s’est toutefois pas laissé déborder et a vite mis en place une solution de secours. En effet, l’intéressé a fini par accéder quand même à la page demandée, en mettant en place un réseau privé virtuel (VPN) pour passer sous les radars de la censure. Ironie du sort, Fang Binxing a dû mettre en œuvre le même procédé que de nombreux internautes chinois sont obligés d’utiliser pour éviter d’être bloqués par la « grande muraille numérique ».

Interrogé il y a cinq ans sur ce dispositif, Fang Binxing s’en disait très satisfait. « Mon projet a été choisi en définitive parce que ma conception était la plus aboutie. Le pays avait un besoin urgent d’un tel système à l’époque ». Dressant un parallèle avec la conduite, il estimait que « les automobilistes doivent simplement respecter le code de la route, et donc les citoyens doivent simplement se contenter de ce qu’ils ont », plaidant au passage pour un renforcement de ce mécanisme, jugé imparfait.

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