Le ministère chinois de l'industrie cherche à calmer les esprits avec sa proposition de réforme qui a été interprétée comme une nouvelle tentative de censure sur Internet.

C’est une proposition de réforme qui a fait couler beaucoup d’encre en Chine depuis sa publication sur le site ministère de l’industrie et des technologies de l’information. Rédigée dans des termes vagues, elle pourrait en effet contraindre les opérateurs à bloquer les sites web étrangers n’utilisant pas d’adresse en « .cn », qui est le domaine national attribué à la Chine pour le web.

C’est l’éventualité qui a été mise en avant par des spécialistes ayant eu à se pencher sur les conséquences d’une révision aussi floue de la réglementation sur les noms de domaine en Chine. Dans ce cadre, les opérateurs locaux n’auraient pas d’autre choix que d’obtempérer, sous peine de devoir payer une forte amende à chaque constat d’infraction.

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La Chine surveille attentivement ce qui se passe sur le net.

Afin d’être vus en Chine, les sites auraient l’obligation d’obtenir un nom de domaine en montrant patte blanche, c’est-à-dire en satisfaisant des critères d’attribution durcis. Aux yeux des observateurs, ces règles ont été comprises comme une intensification de la censure, afin de couper un peu plus le pays du reste d’Internet, en ratissant très large.

Face à cette lecture alarmiste de sa proposition de réforme, le ministère chinois de l’industrie et des technologies de l’information est intervenu cette semaine pour tenter de dissiper ce qu’il interprète comme des malentendus. À ses yeux, la suggestion révision du cadre actuel n’a pas été comprise et ne provoquera pas une hausse du nombre de sites étrangers bloqués.

Les autorités chinoises clarifient leur proposition de réforme, jugée trop vague

Cité par le Wall Street Journal, un expert ayant participé au brouillon de ces règles ne dit pas le contraire. « Personne en Chine n’aura de difficulté pour visiter whitehouse.gov. La Maison Blanche n’aura pas à soumettre des informations d’accès au réseau aux autorités, car [le site] n’a rien à voir avec la Chine ». Les pistes envisagées par les pouvoirs publics concerneraient d’autres cas de figure.

Celui-ci explique que cette éventualité s’applique uniquement aux sites web et aux services en ligne qui sont hébergés en Chine et ciblent un public chinois. Les sites hors de l’Empire du Milieu ayant des noms de domaine enregistrés à l’étranger ne seraient pas affectés par ces règles, sauf ceux des entreprises cherchant à s’adresser au public chinois pour mettre en avant des produits ou des services.

Ces dernières devraient quand même acquérir un nom de domaine en Chine en prenant contact avec les autorités chinoises et l’utiliser sur une version localisée du site, ce qui veut dire hébergée sur place. Si elles entrent en vigueur en l’état, ces règles accorderaient un délai d’adaptation de six mois aux entreprises concernées avant qu’elles ne deviennent obligatoire.

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