Le web s'est emballé pour le sort d'un homme qui aurait été condamné à trois mois de prison ferme et trois autres avec sursis, pour avoir envoyé l'image d'un pistolet à une ex compagne, analysée comme une « menace de mort ». Mais l'affaire n'est pas si simple.

Le tribunal correctionnel de Pierrelatte (DrĂ´me) a condamnĂ© mercredi un jeune homme de 22 ans Ă  six mois de prison dont trois mois ferme, pour avoir menacĂ© de mort une jeune fille sur Twitter. Mais l’originalitĂ© de l’affaire qui fait beaucoup de bruit est que le message Ă©tait composĂ© exclusivement d’un emoji reprĂ©sentant un pistolet.

pistolet
L’emoji utilisĂ©

On devine toutefois que le dossier Ă©tait beaucoup plus lourd, pour justifier par un contexte plus global pourquoi l’image intĂ©grĂ©e au tweet a Ă©tĂ© prise au sĂ©rieux par la justice, en tant que menace de mort. C’est ce que confirme en creux le DauphinĂ© LibĂ©rĂ©, qui raconte qu’il existait entre les deux protagonistes « une rupture amoureuse visiblement très mal vĂ©cue par l’homme qui inondait son ex-petite amie de messages, dont le fameux pistolet en Ă©moticone Â».

Lors de l’audience une semaine plus tĂ´t, l’avocate de la victime avait expliquĂ© que le message Ă©tait apparu après que la jeune fille avait dĂ©cidĂ© de porter plainte suite au harcèlement tĂ©lĂ©phonique dont elle faisait l’objet. Surtout, elle avait citĂ© d’autres messages beaucoup plus explicites encore que le pistolet.

« Je vais m’en prendre Ă  ta mère, la tuer et te tuer Â», aurait-il ainsi dĂ©clarĂ© Ă  la plaignante. L’avocat du condamnĂ©, lui, niait que d’autres menances aient existĂ©. Il avait aussi fait preuve de poĂ©sie et de crĂ©ativitĂ© pour tenter de dĂ©fendre son client. « Â Pour moi, cet Ă©moticone peut dire “Notre relation est morte” ou Ă  l’extrĂŞme limite “Je ne suis pas content”. Ce simple pistolet minuscule doit-il permettre Ă  la juridiction d’entrer en voie de condamnation ? J’en doute Â», avait-il plaidĂ©, en vain.

Outre les six mois de prison dont trois avec sursis, ce qui est conforme aux réquisitions judiciaires, le condamné devra verser 1 000 euros de dommages et intérêts à la victime.

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés