Selon un sondage réalisé par le Département Médias de l’Institut CSA et par le Cabinet NPA Conseil, dans le cadre de l’Observatoire de la Vidéo à la demande CSA/NPA, 56 % des Français de plus de 15 ans jugent qu’il « sera possible dans l’avenir de lutter contre le téléchargement illégal sur Internet« . Un résultat surprenant d’autant que chez les 15/24 ans, où la connaissance des réseaux et de la technique est la plus forte, le score serait « proche de 50 % » (voir encadré ci-dessous).

Un Français sur quatre, et jusqu’à 47 % chez les 15-17 ans, se disent par ailleurs se « sentir concerné par l’actualité liée au téléchargement sur Internet » (ce qui ne veut pas dire grand chose), et un sur trois (32 %) a entendu parlé de la mission Olivennes et de l’accord auquel elle a abouti. Sont-ils en revanche informés du contenu réel de l’accord et de son orientation avant tout politique ? Sans doute non.

Plus intéressant, 60 % des Français interrogés estiment que le basculement de la chronologie des médias vers une simultanéité des offres DVD et VOD est « adaptée » pour la lutte contre le téléchargement illégal. C’est certain qu’elle ne peut qu’y contribuer. L’interopérabilité, qui fait toujours débat deux ans après la promulgation de la loi DADVSI qui était censée l’assurer, est jugée adaptée pour plus d’un français sur deux (55 %), mais 32 % estiment que ça n’est pas le problème.

Mais le plus important, c’est que 40 % seulement des interrogés disent être favorables à la suspension de l’accès à Internet prévus par le texte, contre 49 % qui s’y opposent. Chez les 15/24 ans, 60 % des sondés ont une opinion négative de cette mesure phare du texte.

Quelle crédibilité pour l’institut CSA ?

L'image '//www.numerama.com//content/uploads/2007/12/logo_newCSAm2.gif' ne peut être affichée car elle contient des erreurs.Nous le disions, les résultats de cette étude sont surprenants. A l’exception de la suspension de l’abonnement – où le « score » est tout de même serré, le sondage semble plaider en faveur des solutions préconisées par Denis Olivennes. Comme souvent en matière de sondages, il faut prendre les résultats avec précaution. Plus encore lorsqu’il s’agit de l’institut CSA, détenu à 44 % par le géant des médias Vincent Bolloré.

Pour mémoire, l’institut CSA est celui qui, à quelques heures du blackout qui précèdait le premier tour de l’élection présidentielle de 2007, a placé Jean-Marie Le Pen juste devant François Bayrou, ce qui a encouragé nombre de « votes utiles » contre le candidat du centre, par crainte de voir se reproduire le scénario jospinien. En réalité, Le Pen était très loin derrière chez tous les instituts, comme l’ont ensuite montré les urnes. L’institut avait déjà été tancé deux fois par la commission des sondages pendant la campagne, sans aucune réaction de sa part… la commission étant dépourvue de moyens de sanction. Rebelotte lors des législatives, où le CSA annonce au soir du premier tour une « vague bleue » spectaculaire à l’Assemblée (jusqu’à 470 sièges sur 577) lors du tour suivant. Certains esprits malins y ont vu un coup de pouce à Nicolas Sarkozy, qui redoutait une majorité trop large et donc indomptable…

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