Un adversaire imprévu va s’inviter dans la Coupe du monde de football 2026 : la chaleur. Certaines équipes devraient vivre une compétition plus éprouvante que d’autres, en fonction des lieux où sont prévus les matchs. Les Bleus, notamment, seront a priori désavantagés sur ce point.

La Coupe du monde de football 2026 se tiendra du 11 juin au 19 juillet 2026. Pour cette édition, la compétition est organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, dans 16 villes différentes. L’heure est aux prédictions sur le pays qui pourrait gagner cette Coupe du monde, et la France figure parmi les favoris. Mais, outre la préparation des équipes et le talent des joueurs, un autre paramètre devrait influencer les matchs : la météo.

Certaines équipes vivront en effet un tournoi bien plus chaud que d’autres, au sens littéral. Comme l’indique Bloomberg le 5 juin 2026, près d’un quart des matchs prévus pourraient se dérouler dans ces conditions éprouvantes à cause du risque d’épisodes de forte chaleur. Ce qui créerait donc un déséquilibre de fait. Surtout lorsque certaines équipes accumuleront de la fatigue thermique, au fil des 39 jours de la compétition, davantage que d’autres.

Des villes qui accueillent la Coupe du monde 2026 exposées à un risque de chaleur extrême

Cette alerte avait déjà été donnée par des scientifiques dans une étude publiée en janvier 2025 dans la revue International Journal of Biometeorology. « De nombreuses villes parmi les 16 sites d’accueil sont exposées à un risque de chaleur extrême », écrivaient ces scientifiques.

La température au thermomètre-globe mouillé (WBGT, « wet-bulb globe temperature ») est un indice de température ressentie qui tient compte de la température, de l’humidité et (contrairement à l’humidex) du rayonnement solaire.

Pour étudier le risque que la chaleur pourrait faire peser sur la compétition, ces auteurs ont utilisé comme donnée de référence la température au thermomètre-globe mouillé. Ils ont travaillé à partir de données météorologiques enregistrées sur la période 2003-2022. Ils ont aussi pris en compte l’emplacement des stades, les horaires de coups d’envoi prévus, ainsi que la présence ou non de climatisation dans les stades.

« Nos résultats montrent que 14 des 16 sites d’accueil dépassent des WBGT de 28 °C […]. Ce seuil est important car il s’agit du niveau au-delà duquel certaines instances dirigeantes du football recommandent de retarder ou de reporter les matchs », écrivent les scientifiques.

Les 16 villes hôtes et leur indice de chaleur (WBGT) moyen l'après-midi, entre 12h et 17h, en juin et juillet (calculé sur la période 2003-2022). // Source : International Journal of Biometeorology
Les 16 villes hôtes et leur indice de chaleur (WBGT) moyen l’après-midi, entre 12h et 17h, en juin et juillet (calculé sur la période 2003-2022). // Source : International Journal of Biometeorology

Les Bleus vont vraisemblablement avoir chaud, très chaud

Comme le souligne Bloomberg, c’est la Tunisie qui serait l’équipe la plus exposée à la chaleur… suivie de la France, cette dernière payant le prix fort d’un calendrier de poules qui la propulse dans les villes les plus étouffantes du tournoi aux heures les plus chaudes. A contrario, c’est l’Ouzbékistan qui devrait bénéficier des meilleures conditions, car son équipe jouera notamment dans des stades climatisés (20 % des stades du tournoi seront climatisés, par exemple à Houston, Dallas, Atlanta ou Vancouver selon les configurations).

Outre ces températures élevées, la difficulté pour certaines équipes devrait aussi venir des variations de la température entre les matchs joués. Les joueurs devront alors s’habituer, d’un match à l’autre, à des conditions très différentes : pour l’équipe des Pays-Bas, des écarts jusqu’à 13 °C sont anticipés, tandis que cet écart ne serait que de 1 °C pour les joueurs d’Ouzbékistan.

Par ailleurs, il ne faut pas non plus négliger l’impact de ces chaleurs sur le public des matchs : le risque d’un coup de chaleur est possible, ou au minimum celui de passer un moment pénible. Des joueurs épuisés par la chaleur, un public souffrant lui-même du chaud : est-ce le spectacle auquel on veut vraiment s’habituer pour les grandes compétitions sportives ? La question s’est déjà posée fin mai en France, lors du tournoi de tennis de Roland-Garros. Alors que le pays connaissait un record de chaleur historique, les images de joueurs sous la chaleur ont fait le tour des réseaux.

Découvrez les bonus

+ rapide, + pratique, + exclusif

Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l'I.A, contenus exclusifs et plus encore.

Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.

S'abonner à Numerama+

Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci

Il y a une bonne raison de ne pas s'abonner à

Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.

Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :

  • 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
  • 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
  • 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.

Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.

S'abonner à Numerama+
Toute l'actu tech en un clien d'oeil

Toute l'actu tech en un clin d'œil

Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !


Tous nos articles sont aussi sur notre profil Google : suivez-nous pour ne rien manquer !